Deux p’tites ailes, et des plumes

Au creux du val, fleurit un majestueux pommier, une pluie de soleil traverse les ramées c’est le sacre du printemps, il affie bourgeons et feuilles ourle papillons et soie.

Des moineaux francs faisaient l’école buissonnière, ils vont pillant la joie en chantant et sautant l’univers immense.

Non loin, une petite tapageuse ailée toute sérieuse a élu domicile sous un vieil escalier, dans la douceur du petit nid pépient trois petits moinets, une charmante moinelle amène la becquée.

Très vite, ces petites ailes se lèveront pour une naissante destinée et bientôt une saison nouvelle.

Si j’étais un rossignol, je rédigerai une petite missive nocturne à tous les amoureux de cette nature enchanteresse.

Quand le jour meurt sous le ciel dormant un manteau noir embrasse les astres lumineux d’une voix mélodieuse, mon ramage de note étoile la nuit en bouquet une douce berceuse fleurit :

Aimez-nous, louangeons les protecteurs, le covid est tueur et le poison destructeur, ayez la finesse du cœur et de l’esprit.

(A respecter s’il vous plait)

 

Lydia Hostetter

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Conversation dans mon jardin

La mésange : Bonjour petit homme, cela fait quelques temps que je ne t’ai pas vu jouer dehors.

Je me demande pourquoi les habitants de Wittenheim ne sortent plus, pourrais-tu m’expliquer ?

Mohamed : Le gouvernement nous demande de rester chez nous car il y a un virus très contagieux et mortel pour nous les hommes.

La mésange : Je suis si triste pour toi petit homme, mais je suis si heureux d’être un oiseau encore plus ces derniers temps car notre planète respire mieux. Tout recommence à vivre paisiblement, toutes les espèces s’épanouissent enfin.

Mohamed : J’ai bien remarqué ton bonheur car je t’entends chanter toute la journée, je suis si heureux pour toi et tellement plus pour notre planète.

Mésange : Merci petit homme d’avoir trouver la solution qui va nous sauver.

Mohamed : Mais moi je suis triste car je ne vois plus mes proches, ils me manquent tellement.

Si j’était un oiseau j’irais chez ma Mami lui dire que je l’aime.

 

élèves de 6ème C Marcel Pagnol

 

3 mai  

Pipo

 

Le jour s’est levé, l’univers s’est remis de plus belle à danser…

Je m’en vais dans ma friche qui émerge sans programme en marge des zones aménagées...indécise...indéfinie...délaissée...libérée…

Je suis attentive…

Ah...te voilà à nouveau !…. Je t’ai entendu ! Où tu es maintenant ???

Je te désire tant !   Ton chant va me consoler à nouveau !

Même si tu te caches, chante-moi encore un peu ta liberté, car la mienne semble s’envoler !

d’ailleurs, es-tu vraiment libre toi ? Tu voles, mais tu ne nages pas !

Quoi, que dis-tu là ?

Oh comme c’est affirmé, on dirait que c’est très important

...J’écoute…

Ah, je me sens bouleversée, tes trilles rapides, si belles me font vibrer …

et j’ai carrément honte de mes pensées !

Eh oui, je broyais du noir, je nous voyais déjà, nous les humains, être confinés à vie, séparés les uns des autres à travers des masques, muselés, et devoir obéir aux lois de l’économie (qui serait en crise et donc pas commode du tout), rassemblement qu’avec la permission du préfet...et au moindre faux-pas, mise en quarantaine...sans concerts, sans resto, fêtes de famille, pièces de théâtre, clubs sportifs, conférences et débats en live, promenades bras dessus bras dessous, discussions., retrouvailles à refaire le monde...

Mais tu t’en fous, tu me montres fièrement ton buste orange, tu te redresses, prêt à attaquer un rival, pour défendre ta chérie qui fait déjà le nid…

Oui, ridicules ces soucis...Je te promets, je reste vigilante, prête à défendre ma peau et celle des miennes s’il le faut...car rien n’est plus beau en ce moment que ton chant réconfortant

mon petit oiseau, mon Pipo !

Ilona Chaudon

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Dehors, j’entends chanter les oiseaux
Leur douce mélodie me vient aux oreilles
Dans mon jardin, j’observe les oiseaux picorer
Des moineaux, quelques tourterelles et même une ou deux mésanges charbonnières.
J’entends le roucoulement d’un pigeon, la petite note chuintante du verdier
J’entends aussi les tourterelles amoureuses et leur discours romantique
Quel beau spectacle, paisible, gai, joyeux, tranquille et apaisant.
Mais malheureusement, ce bonheur ne durera pas.
Ces petits oiseaux intrépides, insouciants et imprudents
Ne se doutent de rien,
Car un intrus silencieux est parmi eux :
MON CHAT
Si j’étais un oiseau je volerais bien haut à l’abri de ses félins espiègles, malicieux et rusés.

Anaïne Guidi

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Andréas 5 ans

J'ai eu peur

Mes mains ont tremblé

J'ai ouvert un sac et tout chargé

Ca ressemble à un uppercut

C'est renversant, c’est douloureux, on peut en mourir

Ca ressemble à un cauchemar

On a peur pour les siens

J’ai lâché du stress

J'ai appelé quelques amis, les plus proches et si loin

J'ai mis un casque sur les oreilles

J'ai écouté des chansons, c’était rassurant

Je me suis lancée dans le potager

Semis, osier, tout était à aménager

J’ai rangé le grenier

J’ai refait des yaourts

J’ai mieux dormi

J’ai arrêté de compter les morts

Je me suis mise du côté de la vie

C’était ma première pandémie

Et là je me suis dit que si j’étais un oiseau j’aimerais bien être un bonobo!

 

De Paula Graca

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Les oiseaux s'activent

Les oiseaux gargouillent, crient et s'envolent;
Et chantent à l'unisson comme ces sublimes rossignols
Puis quand ils amplifient leur voie,
Ils donnent un beau ballet qui éblouit leur roi.
En effet, celui-ci est un fougueux rapace.
Pourtant il se fragilise sans plume, sans carapace
Mais lorsque il sillonne le ciel et tranche les nuages
Une ligne indélébile se trace dans son sillage.
Il existe aussi ceux qui voyagent pour se nourrir
Et cherchent un foyer qui pourra les accueillir
Avant de repartir et retrouver leurs amis.
Mais d'abord il faudra survoler le Paris endormi.

Si j'étais un oiseau je vivrais à Wittenheim
chez moi,
et je respirerais le doux air des champs près desquels j'habite
et d'où j'écris ce poème.

Paul JACAMON 4°D

 

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Je ne veux pas sortir !

Fauvette grisette, tu chantes dans mon pommier. Tu vas et tu viens et rien ne te dérange. Fauvette grisette, je te laisse le monde ! Je ne veux pas sortir de mon petit nid douillet ! Deux mois que je suis à l’abri, deux mois que j’explore mon canapé, que je pars en expédition dans ma cuisine, que j’ose à peine ouvrir la porte du jardin de peur que quelqu’un ne me parle, deux mois que mon univers est si sûr, sans soucis, sans tracas… Je ne veux pas sortir !

Je veux lire, je veux dormir, je veux m’ennuyer, je veux me voir vieillir mais je ne veux pas sortir ! Je ne veux plus courir, je ne veux pas stresser, je ne veux plus gagner, je ne veux pas diriger ou obéir ! Fauvette grisette, dis leur, toi, que le monde est si beau quand les fourmis humaines restent dans leur terrier. Et si l’air redevenait pollué et me faisait tousser ? Et si je croisais dans la rue un punk enivré qui voudrait me taper ? Et si je glissais sur une crotte de chien et me tordait le cou ? Et si un camion sortait de sa route et m’écrasait dans la boue ? Le monde est trop dangereux, Fauvette grisette, je te le laisse volontiers. Toi, tu as l’habitude du danger, tu sais éviter le faucon vicieux, la buse féroce, le chat cruel. Quoiqu’il arrive, tu chantes dans mon pommier ! Chanter, c’est ton seul souci : comme je t’envie !

Si j’étais un oiseau, je crois que je serais un canari, à l’abri du monde dans sa cage dorée.

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Dis l'oiseau de paix

Le monde est comme un piano à queue

Teinté de touches blanches et noires

Qui se colore lorsque tu laisses s'envoler tes mots

Telle une magnifique partition

Qui nous invite à un merveilleux voyage

Au pays de la SAGESSE

Si j'étais un oiseau, je t'offrirai trois plumes :

- la plume de l'acceptation de soi,

- la plume de l'acceptation des autres,

- la plume de l'acceptation du monde.

Se serait CHOUETTE de pouvoir continuer ce voyage en ta compagnie pour construire un monde nouveau.

 

Sandrine SALTZMANN

Ecriture à 2 mains, type cadavre exquis

Mon lagopède, j’ai sorti les poubelles

Tiens ma caille, je t’ai fait un café ce matin...

A 14h, je préfère prendre du thé vert, merci c’est trop gentil.

Ça fait 4 jours que j’alimente mon levain, il est raté, je suis désolée, je sortirais acheter du pain...

Acheter du pain ! Tu n’y penses pas ! Allez dans la boulangerie et attraper la maladie, non je ne veux pas ! Je peux me passer de pain, je ne peux pas me passer de toi !

Au fait, j’ai descendu la poubelle sans que tu me le demande...

J’me sens toute fanée, il fait si beau dehors. J’voudrais qu on se caresse sous le soleil. On n’a pas les moyens de s’acheter une maison avec un jardin, on n’a que du bitume 1km à la rhume. Des fois j’me dis qu’on n'aurait jamais dû muter ici, elle était jolie notre campagne...

Mais ma gélinotte, on est bien ici : la connexion internet est parfaite, on a tous les commerces juste à côté, une place de parking pour notre 4X4 et pas besoin de nettoyer nos chaussures à chaque fois que l'on traverse notre cour pavée... et bientôt nous pourrons nous promener dans les magasins, le confinement est fini... Au fait c’est quoi cette grosse valise que tu prépares dans la chambre ma perdrix?

Ben oui, voilà, je ne savais pas comment te le dire. Tu te souviens du moniteur de surf l’an dernier à St Girons? Ça a commencé sur Wattsapp, puis facebook, puis 1h tous les jours au téléphone quand j’allais chercher le pain. Je veux vivre au bord de l’océan, je n’aime pas faire les magasins. Et puis j’ai écouté Pablo Servigne et Nicolas Hulot. J’veux sentir le sable sous mes pieds nus, j’veux avoir le goût du sel.

J’ai trouvé un covoiturage pirate, j’ai fait 10 attestations, dans trois jours avec des changements tous les 100 km, je serai dans les bras de ce garçon.

Mais mon amour, j’t’ai fait du café, j’ai descendu la poubelle, ma cigogne....

Si j’étais un oiseau, je ne serais pas un gallinacé

Si j’étais un oiseau je volerais si haut que tu m’aurais oublié.

Alice et Véra Fulmar

Écouter la lecture du texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes23/

Il m’arrive de me demander où vivraient les moineaux, les rouge queue, s’il n’y avait pas de bâtiments, de splendides lotissements ?

Où irait la fidèle chouette effraie s’il n’y avait dans les granges, les clochers, un quelconque renfoncement ?

Où construirait son nid l’hirondelle de fenêtre sans un petit bout de toit ?

Sa collègue rustique est aussi dépendante du partage par les vaches et les chevaux de leur étable, de leur écurie.

Sans antennes sur les toits, de quel perchoir chanterait le merle ?

Et la tourterelle sans un chevron, un lampadaire ferait triste mine comme le pigeon de nos vieilles maisons.

Encore mieux, les martinets, j’oubliais les martinets : sans nos anciennes et grandes bâtisses aux isolations plus qu’imparfaites, où nicheraient-ils ?

C’est comme l’alouette lulu, quelle chance d’être hébergée entre les rangs de vignes parfaitement alignés et raisonnablement aspergés !

Et tu crois qu’un seul de ces oiseaux dirait merci ? Pas un qui applaudit !

« Et sans mirador, sans nos lâchers, sans nos agrainages, comment les sangliers pourraient-ils s’épanouir ? » me demandait encore récemment un éleveur (ou un chasseur, je ne sais plus, lui non plus d’ailleurs).

Depuis quelques années j’ai pu observer que les cigognes savent construire un nid sur un vieil arbre, une chandelle, sans plateforme artificielle. J’avais fini par l’oublier.

Les poules doivent bien avoir un ancêtre sauvage.

Les bergeronnettes grises s’accommodent quant à elles d’à peu près tout. Premiers signes d’une rébellion à surveiller. Faudrait pas qu’elles donnent à d’autres l’idée d’aller vivre loin de nos jolis pavillons gravillonnés et de nos boules de graines emballées dans de petits filets verts.

En attendant, je profite avec mes jumelles des quelques oiseaux du quartier muni de mon attestation. Surveillant surveillé.

Il parait que s’il y avait des arbres il pourrait y en avoir plus, que dans certaines villes il y en a plein.

Plein d’oiseaux.

Plein de surveillance.

Libres d’être épiés.

Il parait.


Si j’étais un oiseau, même en voie de disparition, je serais reconnaissant tous les soirs à 20h de tous ces aménagements.
Je ferais l’effort d’être un peu moins ingrat, masque sur le bec.

Sophie - pseudonyme

Poème sur la mésange charbonnière:

Bonjour jolie mésange charbonnière,

Aux joues blanches et au ventre jaune,

Je t’ai aussi vu passer devant chez moi hier,

Aujourd’hui, tu t’es posée sur ma fenêtre vert-jaune.

Dis moi, je voudrais savoir où tu as voyagé ?

Es tu allée en Sibérie?

Qu’as-tu visité?

Je dis souvent que la Russie est un pays magnifique.

Et je trouve que tu as beaucoup de chance.

Car tu as aussi apparemment visité le nord de l’Afrique.

Durant ton voyage, as-tu acquis des connaissances?

Je souhaiterais savoir si tu as visité le Japon.

As-tu vu le Kaminarimon  ?

Ce dernier se trouve à Tokyo,

La ville où il y a le parc d’Uneo,

Ou encore le Mont Takao.

Y’a-t-il donc pas un endroit où tu n’es pas allée ?

Car tous ces voyages ne doivent pas être pratiques pour te reposer

Mais au moins , tu ne t’ennuies pas comme moi

Si j’étais un oiseau, je partirai découvrir le monde comme toi.

Adin Paden

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes18/

Depie la fenêtre de ma chambre, je vois toute la campagne environnante. Un cerisier. Un potager. Des champs de blé. Des chats futés. Le Dollerbächlein au nom imprononcé. Cette année, nous avons des nouveaux voisins : Deux pies ont élu domicile près de chez moi. J’ai eu la chance de dialoguer avec ces voisines noires et blanche, qui aime pieailler toute la journée :

- Et les pieafs ! qu’est-ce-que vous faites dans mon cerisier ? Leur demandai-je.

- Bah, on fait notre pieaule pour le pieoupieou en piequant des pie bout de branche par-ci par-là, d’autres questions ? Me répondirent les pies.

- Oui je le crains : où avez-vous emménagé ? Pourquoi là ? d’où venez-vous ? Êtes-vous ovipare ? Croyez-vous en Dieu ? Et que penser du dicton : « Il ne fut pie qui ne ressemblât de la queue de à sa mère ? »

- Pie ce que tu le demandes, nous allons répondre à quelques-unes, car nous avons à préparer notre pietance : un piethiviers de vers de terre. Donc question 1 ; nous les pies, niveau bricolage et construction, on est des pietits joueurs, cela n’arrive que chaque piecentenaire qu’un de nos nids ne se casse pas la tronche au moindre coup de vents, alors on a décidé de le faire dans le thuya, au grand dam des chats ! répondit le mâle en piecotant sa conjointe.

- C’est vrai, nos nids ne sont pas très piettoresques, ils sont même pietoyables, dit la femelle. D’ailleurs, excusez nous, nous ne nous sommes pas présentés : mon mari, s’appelle Pierre-Alain et moi c’est Pievoine.

- Question 2 dit Pierre-Alain : nous venons d’un pietit œuf, couleur vert gris ; question pie (c’est la question 3,14…) : effectivement ce dicton dit vrai, je ressemble beaucoup à ma mère par ma belle queue noire au reflet bleuté. Au revoir et bonne journée.

Moi si j’étais un oiseau, je serais une pie. Une piechenette.

Nathanaël Koning

Des visiteurs ailés dans mon jardin, ce printemps...

Le rouge-gorge si timide, qui nous réchauffe le cœur en hiver, a décidé de rejoindre la forêt

Les mésanges bleues et charbonnières se partagent encore la mangeoire avec les pinsons des arbres au sol

Les chardonnerets affamés, de vrais petits clowns, y ont fait une halte d'une semaine pendant leur voyage

Le rouge-queue de retour nous salue par génuflexion

Les moineaux et les étourneaux scintillants font des va-et-vient le bec plein de foin pour construire leurs nids

Faute d'hirondelles, la fauvette à tête noire de son chant flûté nous annonce que le printemps est bien là

La grive musicienne et le pouillot véloce se partagent l'espace sonore de la forêt, l'une plus douée que l'autre, il faut l'avouer !

Le merle de son chant joyeux nous accompagne du matin au soir

Mais le pic épeiche se cache de nos regards indiscrets derrière les troncs d'arbres

Les corneilles chassent sans peur la buse pour protéger leurs nichées

Si j'étais un oiseau, je m'échapperais et volerais haut dans le ciel par delà les montagnes

Mais je suis confinée dans mon jardin

Et le pic vert ricane de la bêtise humaine...

Gwladys PHILIPPE

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Talence, quartier de Thouars, cité dortoir…

Vous allez penser… idées noires. Et pourtant ! Depuis la chambre de mon appartement, du haut de mon 7ème étage, par la fenêtre souvent ouverte, j’aperçois les cimes luxuriantes d’un îlot de verdure. La nuit venue je ne ferme surtout pas les volets. Pour toi l’oiseau. Pour t’entendre, quand tout le monde dort encore.

Pour toi.

Il est à peine 5 heures. Comme par magie mes paupières se soulèvent, mon ouïe s’intensifie. Je t’aspire, te désire. Parfois j’attends un peu, le cœur battant, et puis soudain je t’entends. Tu m’emportes de ton chant cristallin, tu m’émerveilles. Je t’imagine délicatement posé sur le feuillage d’un chêne. De ton corps irradie une lumière bleue irréelle, qui se transforme en son, portée par ton souffle céleste. Les premières notes m’entrainent, mon cœur bat la chamade. Je quitte la chaleur de mes draps, je flotte. Tes mélodies sont des diamants qui volent autour de moi. Je sourie, je m’évade, je me laisse porter par la pureté de ton ode. Chante l’oiseau, chante encore pour moi. Mon corps s’habille d’une robe légère. Je danse, mes bras en tournoyant invitent l’aube et ses premiers rayons.

Si j’étais un oiseau mon nom serait Espoir.

 

Sophie Ausilio

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Le moineau Doller 

 

A l’aube de ce jour confiné,  

Petit Pilou, aux plumes emmêlées  

Ses petites ailes vigoureuses teintées  

Par la lumière ensoleillée  

Réchauffe nos pensées endeuillées 

L’enfant rêve enfin d’avenir libéré.  

La rue trop longtemps figée  

L’adulte au chien rouge est un pointillé 

Comme une silhouette floutée  

La commère à son balcon enjouée,  

Le soir venu, des applaudissements enthousiasmés 

Saluant les courageux soignants dévoués 

Dans la clinique du Diaconat proche du marché. 

Le printemps laisse sa place à l’été 

Moineau survole sa cité effarouchée  

Où les maisonnettes proprettes alignées 

Dans la rue de la marchandise apprêtée 

Par ses jardins aux lilas colorés 

Le moineau Doller vit libéré  

 

Manuela Koenig  

10/05/2020 

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A vos plumes…

  Depuis ma terrasse, situé dans un quartier calme de Kingersheim, j’observe tranquillement les oiseaux qui viennent picorer les graines que  ma maman a laissée pour nourrir les oiseaux…

  Moineaux domestiques et mésanges charbonnières viennent se restaurer en faisant de jolis petits bruits…

  Pour ne pas les effrayer, je ne bouge pas et ma présence ne semble pas les déranger…

  Bonjour petits oiseaux, comment allez-vous ? Que faites-vous de vos journées ?

  L’un d’eux me regarde avec un petit penchement de tête et émet un petit cri…

  Tu es très beau avec ton plumage paré de jolies couleurs..

  Un autre petit cri...comme s’il venait de me répondre…

  L’instant est magique…

  Il n’aura pas duré longtemps, car le chat du voisin l’a fait fuir..

  Si j’étais un oiseau, je me mêlerait à leur envol car aujourd’hui, il fait très beau…


Reutter Léo, 5ème B

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Virginie et ses 3 enfants

A vos plumes…

 

Nous nous trouvons ici ou là, à vol d’oiseau,

Dans « un trou de verdure où chante une rivière »,

Comme l’écrit si bien le poète Rimbaud,

L’homme aux semelles de vent, amateur de vers.

Voici, niché au cœur de notre belle Alsace,

Un village ravitaillé par les corbeaux

Où, gais comme des pinsons, tous les tourtereaux

Peuvent s’aimer et voler de leurs propres ailes

En liberté, sans craindre d’y laisser des plumes…

Ainsi, petit à petit, l’oiseau fait son nid,

Clouant le bec à ceux qui, bavards comme des pies,

Donnaient des noms d’oiseaux à qui, autrement, pense.

Sans prise de bec, sans se voler dans les plumes,

Juste avec des mots, les voici le bec dans l’eau,

Ces braves petites cervelles de moineaux,

Merles moqueurs devenus pigeons par sottise.

A ceux qui croient fuir les problèmes à tire d’aile,

Tout prêts à suivre le premier vol d’étourneaux,

Qui répètent comme des perroquets rebelles

De simples mots qui peuvent faire de grands maux,

Je vous le dis tout haut : « Si j’étais un oiseau,

Je voudrais être l’oiseau rare, celui qui

Prend la plume pour oser dire avec ses mots

Que le monde est beau lorsque l’on croit en la Vie. »

Estelle Coquet 

Les oiseaux et moi…

 

Les roucoulements, les sifflements, les chants,

De mon petit jardin, j’entends.

Quand le soleil est là,

Alors…. à vous les ébats !

Autour de l’égrainoir,

Tous veulent en avoir.

Mon chat, tapi,

Ne vous laissent aucun répit.

Quand le soir prend place

Le silence  est mon espace.

A cet instant  précis, Je me dis :

« Si j’étais un oiseau… je ne voudrais qu’être ici ».

Marie-Noëlle Roncaglione

Si j'étais un oiseau

J'habite à Battenheim. On est en été et nous sommes toujours confinés. C'est horrible. C'est comme si j'étais bloquée dans un espace restreint. Mine de rien, la maison peut être une prison. Voir tous les jours les mêmes personnes, travailler dans sa chambre en face d'un ordinateur c'est épuisant. C'est comme si un géant nous enfermait dans une cage en attendant de nous manger.

Parfois je me dis que les oiseaux ont de la chance. Ils sont libres comme l'air, ils peuvent voler jusqu'au bout du monde alors que moi je suis confinée, bloquée ici. J'entends soudain un gazouillement. Je tourne la tête et vois, sur le rebord de ma fenêtre, un Verdier d'Europe, fier de sa belle carrure. Je sais que c'est un Verdier car on a étudié cet oiseau avec notre professeur de SVT, l'an dernier.

Je ne sais ce qui m'est passé par la tête, mais j'ai demandé au Verdier:

-Alors? Qu'est-ce que c'est qu'être libre?

-Oh! C'est un peu vaste comme question. A-t-il piaillé. Moi je suis libre comme l'air, je peux toucher le nuages, faire le tour du monde..... Enfin, je le peux maintenant car ava,t les humains nous chassaient, nous les oiseaux. Aujourd'hui, on peut dire qu'on règne sur le monde.

-Vous en avez vraiment de la chance!! ai-je répondu, sans être étonnée le moins du monde que l'oiseau me parle.

Moi, je peux ni courir, ni me promener, ni voir mes amis.... C'est comme si on me coupait du monde.

-Vous, contrairement à nous, n'avez pas de chance, c'est sûr. Si je pouvais, je t'offrirais bien ma qualité d'oiseau pour une journée mais.... Cela est impossible. Par contre, si tu acceptes, je peux venir à ta fenêtre et te raconter mes voyages.

-Ce serait merveilleux!!

Et sans au-revoir, le Verdier s'est envolé. Voilà que j'avais une nouvelle raison de me réjouirr de voir le lendemain!

Ah! Si j'étais un oiseau, je m'envolerais, moi aussi, vers le ciel, à l'aide de mes ailes....Si j'étais un oiseau.....

Sarah

Si j'étais un oiseau

Si j'étais un oiseau je volerais jusqu'à toi

Et pendant ce voyage je me libérerais de mes peurs doutes et chagrins

Pour découvrir la pleine liberté au creux de tes mains

Je volerais pour faire ce que tu ne peux pas et le partagerais avec toi

Tel un rossignol je te chanterais mes merveilleuses découvertes 

Juste pour voir fleurir un sourire sur tes lèvres entr'ouvertes

Si j'étais un oiseau je t'offrirais ma liberté juste pour pouvoir rester à tes côtés

Isabelle 

Si j'étais un oiseau

Si j'étais un oiseau, j'aimerais  voler à travers les nuages humides

Traverser le monde, me sentir libre et légère, libre d'être moi-même

Sentir les gouttes d'eau caresser mes plumes

Voler au rythme du temps et des saisons

Sentir la fraîcheur de l'air pur

S'envoler, s'évader, se libérer pendant le temps d'un envol

Ce serait la meilleure sensation, 

Se laisser aller, se sentir aussi légère qu'une plume

Partir quelques instants de la réalité et se laisser aller

Oublier cette souffrance infernale et se métamorphoser

Aller dans un monde parallèle, un monde plein de vie, de couleurs et de paix où tout le monde serait convié

Ce serait la paix de l'âme, un monde sans souffrance, sans cruauté mais fait de sagesse et de bienveillance

Si j'étais un oiseau je serais la paix 
          

Amandine, 16 ans

Voleurs, mais pas bêtes

 

On dit que les pies sont voleuses, mais dans la nature, il y a de plus grands voleurs qu’elles. C’est ce que j’ai pu constater un beau matin de ce printemps colmarien.

Dans la propriété voisine pousse un immense tilleul. Et c’est presque au sommet de cet arbre qu’un couple de pies a décidé de construire son nid, profitant des brindilles tombées au sol lors des derniers jours. Et puis, la semaine dernière, les travaux ralentirent fortement. Pourquoi donc ? Était-ce le vent qui les gênait ? Avaient-elles trouvé un endroit plus judicieux pour s’établir ?

Un jour, alors qu’elles étaient revenues à leur tâche, deux corbeaux vinrent les importuner en croassant vigoureusement à leur encontre. Mais stoïques, les pies n’abandonnèrent pas. Las, les corbeaux s’en allèrent. Pourtant, les jours qui suivirent, la construction n’avançait guère.

Et voilà qu’un matin, mon attention fut attirée par de nouveaux croassements. Je regarde vers le tilleul. Et là, je vois un corbeau tout près du nid, à bouger des brindilles. Le second, le brailleur, est sur une branche plus basse. Le premier prend son envol et voilà que le deuxième s’approche à son tour du nid, prend une grosse brindille dans son bec et l’emporte. Quels voleurs !

Ils auraient pu s’approvisionner sur le grand tas de brindilles qui avaient été balayées et qui se trouvaient à peine à quelques mètres de l’arbre, tout de même ! Mais c’était plus facile de prendre un élément déjà trié ! Pas bêtes les corbeaux !

L’avantage pour nous, c’est qu’ils n’ont pas eu l’idée de s’installer là ! Nous ne les aurons pas comme voisins, ouf !

Eh bien, si j’étais un oiseau, je ne serais pas un corbeau, mais une fauvette à tête noire qui nous ravit tous les jours avec son chant mélodieux.

Marie-Thérèse HALTER.

Mars 2020

Wittenheim, ville du Nord-Est de notre pauvre France
Les rues sont vides, les magasins fermés,
Les gens ne peuvent plus sortir.
Mais le printemps n’en sait rien…
Et les fleurs commencent à fleurir, le soleil brille,
Les oiseaux chantent, les hirondelles vont bientôt arriver,
Le ciel est bleu, le matin se lève plus tôt.
Mars 2020. 

Les jeunes doivent étudier en ligne,
Et trouver des occupations à la maison,
Les gens ne peuvent plus faire de shopping,
Ni aller chez le coiffeur.
Bientôt il n’y aura plus de place dans les hôpitaux,
Et les gens continuent de tomber malades.
Mais le printemps n’en sait rien…
Le temps d’aller au jardin arrive, l’herbe verdit.
Mars 2020.

Le bruit des voitures s’atténue,
Le chant des oiseaux est de plus en plus fort
Et les gens sont mis en confinement.
Pour protéger les grands-parents, familles et enfants,
Plus de réunion ni repas, de fête de famille.
La peur devient réelle et les jours se ressemblent.
Mais le printemps n’en sait rien…
Les pommiers, cerisiers et autres fleurissent, les feuilles poussent.
Mars 2020.

Les oiseaux sont heureux dans cette nature retrouvée
Où l’homme a disparu.
Les gens commencent à lire, jouer en famille,
Pratiquer une expression, chanter sur le balcon
En invitant les voisins à faire de même,
Ils apprennent une nouvelle langue,
A être solidaires et se concentrent sur d’autres valeurs.
Mars 2020.

De leurs fenêtres, les gens observent longuement les oiseaux
Ils réalisent l’importance de la santé
De la souffrance, de ce monde qui s’est arrêté,
De l’économie qui a dégringolé
Mais le printemps n’en sait rien…
Les fleurs laissent leurs places aux fruits,

Les oiseaux font leur nid, les hirondelles arrivent.

Puis le jour de la libération arrive,
Les gens l’apprennent à la télé, le virus a perdu,
Les gens descendent dans la rue,
Chantent, pleurent, embrassent leurs voisins,
Sans masques ni gants
Et c’est là que l’été est arrivé…

Parce que le printemps n’en savait rien,
Qu’il a continué à être là, malgré tout, 
Malgré le virus, la peur et la mort.

Et parce que le printemps n’en savait rien,

IL A APPRIS AUX GENS LE POUVOIR DE LA VIE…                               

Si j’étais un oiseau je serais une colombe.

CIOLEK - - FIMBEL Tracy, 15 ans.

En ce joli mois d’avril 2020, dans notre belle Alsace… Sur le piémont des Vosges, le vignoble bien exposé entoure un village paisible.

« Tellement paisible que cela en est inquiétant ! » dit le merle noir à sa voisine mésange. « Les humains ne font plus rien. J’entends désormais mon cousin chanter, lui qui a son territoire un peu plus loin ! »

« Moi, ça m’arrange » répondit-elle. « J’apprécie de nicher sous les tuiles du chalet, et avoir un peu de tranquillité sera bénéfique pour toute ma nichée. »

Le moineau renchérit : « J’ai construit mon nid dans la haie, entre le lilas et la spirée. Je trouve aussi étrange que les humains semblent occupés à jardiner toute la journée… Plus de fumées d’échappement, ni de motos qui font un bruit d’enfer en montant la vallée… Je les ai entendus prononcer un nouveau mot : confinés. »

« Je ne sais pas ce que cela veut dire… », dit le merle.

Tous trois se regardaient perplexes, devant cette situation inédite.

Près du tiers de l’humanité confinée sur la planète, se cache et se fait oublier… Dame Nature reprend ses droits, si longtemps bafoués.

Si j’étais un homme, je me rappellerai de ce que la Nature a de merveilleux à observer, et je prendrai enfin le temps de l’admirer.

Si j’étais un oiseau, je profiterai du beau temps, du soleil, et de ce printemps exceptionnel !

Delphine CLAUDEL

 

Maelya Rayot (grande section de maternelle)

Féerie blanche

Très belle rencontre  une fin d’après-midi de mai il y a quelques années .

Je suis en touriste avec un petit groupe d’ornithologues sur une île grecque et la journée se termine avec la visite d’un monastère. Certains sont déjà entrés, d’autres se sont dispersés et viendront plus tard.  Plusieurs paons, dont un blanc, déambulent sur le petit parking, indifférents. C’est donc seule que je m’apprête à entrer, mais après quelques pas je sens juste derrière moi une présence qui me suit. Un regard en arrière me fait sourire. Je m’arrête et contemple le magnifique paon blanc. Il me rejoint, arrive à ma hauteur et nous franchissons le porche étroit d’un même pas côte à côte. Nous continuons ainsi sur l’allée pavée  qui mène  au cloître. C’est magique. Nous débouchons ensemble sur le cloître inondé de soleil. Je m’arrête, il s’arrête, puis repart le premier en se mettant ostensiblement juste devant moi.  Je lui emboîte le pas dans une longue déambulation.  J’ai l’impression de voguer dans un lieu hors du temps, sans bruit, portée par une lente vague blanche ondulante et vaporeuse qui me frôle à chaque pas.  Quand il traverse un rai de soleil  filtré par une glycine qui s’encadre dans une ogive, ce n’est plus magique, c’est féerique !  Ô temps suspend ton vol ! Je m’imprègne de cette atmosphère étrange, presque surnaturelle qui se prolonge. Il manquait encore l’apothéose que je ne demandais d’ailleurs pas. Il me l’a offerte. Nous nous sommes quittés dans l’éblouissement d’une rosace diaphane.      

Laurette Meschenmoser

Du rififi chez les mésanges

Les cousines Parus au restaurant   : Noiraude, Nonnette et Bleuette

Belle journée d’hiver. La neige avait recouvert le terrain du Moulin Nature.

Dans la grande famille Parus, on avait faim mais plus un seul petit insecte à se mettre dans le bec, mais ma cousine Noiraude avait découvert un restaurant sur terrasse au premier étage ouvert à tous et gratuit !  Bon on aurait préféré un bon steack de chenille mais c’était un snack végétarien avec un bon choix de graines  alors  on en profité quand même ; ça a fait aussitôt le tour des familles des trois cousins Parus : tonton Major, tonton Palus et  mon papa Dubleu.  Il paraît que c’est tous les ans comme ça  de novembre à mars, mais nous les jeunes on ne savait pas puisqu’on est nées cette année. J’avais prévenu ma cousine  Nonnette pour lui donner  l’adresse : « A la mangeoire » place de la roue.

Moi je n’ai peur de rien, j ‘ai foncé pour être la première.  Oh là, là, y avait déjà du monde et ça piaillait fort. C’est toute la clique des Major qui se goinfrait déjà. Ce sont les plus grandes de la famille, toutes en chemise jaune avec une cravate noire pour mes cousins, et un foulard  autour du cou pour mes cousines. Je suis plus petite (… et plus sexy et élégante, mes yeux maquillés, non mais quand même ! ) mais plus bagarreuse aussi, alors j’ai fait dégager ! Bon, avec mes sœurs  on s’est accaparé  le self-service., on a décortiqué sur place les graines de tournesol  mais on en a aussi laissé tomber plein pendant la dispute (ça a profité à tous les voisins qui picorent au sol). J’avais aussi repéré un beau bleu ; il me ressemblait comme deux gouttes de pluie, mais moi j’avais vu que c’était un  très beau gars !

Nonnette est arrivée après nous. Elle n’a pas l’esprit de famille et quand on l’invite elle ne vient jamais, elle n’aime pas la compagnie. En plus elle ne reste même pas à table,  elle picore  et va manger plus loin. Une sauvage je vous dis ; et pour le costume, elle sait même pas s’habiller un peu chic !

Comme vous l’avez constaté, pour les repas de famille chez nous c’est très agité, et ça manque de convivialité.

Et entre cousines  on ne va pas faire les boutiques de plumes ensemble !  

Si j’étais un oiseau j’organiserais un festival de mésanges, une cousinade  colorée pour égayer les jardins et j’apprendrais aux enfants à zinzinuler.     

                                                                                  

Laurette Meschenmoser

Rêverie

Du plus lointain que je me souvienne, j’ai toujours vécu dans cette maison. Bien qu’étant perdue au fn fond d’une
vallée thaïlandaise, à plus de 6 kilomètres du village le plus proche, mon habitat regorgeait de vie. J’avais l’habitude
de m’asseoir sur le porche en bois de l’entrée pour me laisser bercer par les douces paroles de Mère nature ou
encore me faire caresser par la brise fugueuse qui s’échappait des arbres environnants. Un jour, alors que je rêvassais
sur le porche d’entrée, que ne fut pas ma surprise, en regardant vers la forêt qui entourait ma maison,de voir unaigle s’efondrant du ciel en direction de cette dernière. Suivant mon instinct, je me relevai brusquement du porche,
en faisant au passage craquer mes articulations de genoux, et couru en direction du lieu de sa chute. Quand j’eus
enfn dénoué la corde qui emprisonnait l’aigle, celui-ci me dévisagea brusquement, et ouvrit son bec pour parler : je
perdis l’équilibre de stupeur.
- Je vous remercie, sans vous, je ne serai probablement plus de ce monde.
- Qui êtes-vous ? Demandai-je, stupéfait.
- Je suis ce que tu veux que je sois, dit-il comme une simple formalité.
- Tu t’es bien éloigné de chez toi , continua-t-il. Laisse-moi te ramener.
Sans me laisser le temps de répondre, ni même de réagir, il pinça mon coup avec son bec et s’envola avec moi. Il me
reposa doucement sur le porche devant la porte d’entrée. « Prends soin de toi » Ce furent les dernières paroles que
j’entendis de sa part avant qu’il ne s’envole dans l’horizon crépusculaire.
- Merci, répondis-je pour moi-même d’une voix basse.
- A qui parles-tu ? Demanda ma mère d’une voix douce
Après quelques secondes de méditation, je répondis :
- Si j’étais un oiseau, j’irai m’envoler dans cet horizon coloré pour découvrir le monde, dis-je pensivement.

J.W

 

Ce matin, par la fenêtre, je regarde le jardin.

Ce calme infini m'apaise, mon cœur est badin.

Je m'émerveille de la couleur de toutes les pensées,

De la finesse du muguet qui, par la douce brise, est caressé.

Les arbres se couvrent d'un feuillage nouveau au vert tendre.

Je pourrais presque, l'éclosion des bourgeons, entendre

Tant la sève printanière monte sans se faire attendre

Et fait sur la terre revenir la vie et ses fleurs s'étendre.

Ce moment d'éternité suspend la vie agitée de la ville.

Je me surprends à regarder des mésanges enjouées et graciles

Dans un ciel bleu à peine troublé au loin par un vol de pœciles.

Les oiseaux reprennent l'espace délaissé par les hommes hostiles.

Je peux m'extasier devant ce tableau avec un léger frisson

En voyant un vol d'hirondelles alors que nous sommes dans nos maisons,

L'éclosion de la vie dans sa plus belle saison.

Si j'étais un oiseau, je serais un pinson.

 

Martine MOREAU-TRINQUESSE

Petit  matin frisquet d'avril.  Je  suis  seule  au jardin potager  afin de  désherber mais  quel  boucan d'enfer  ! Des  coucous  déchirent  l'air  printanier.  À la   cime d'un  chêne  à demi mort,  je  devine  celui qui doit être  le  fauteur  de troubles . Les coucous   succèdent  aux cou-cou.  Concert  ininterrompu  de vocalises,  de cris  stridents,  cadencés , qui vont crescendo.  Perché  sur  un autre  chêne,  un rival déclenche  à  son  tour  les hostilités.  Tohu-bohu et vacarme  généralisés. Pas  d'armée  pour  empêcher  l'intrus de pénétrer  sur un territoire  jalousement  gardé.  Le  chant est  l'arme  pacifique  pour faire  barrage.

Je n'oublie  pas  pour  autant  que  ces  lascars  sous-traitent  l'éducation

 de leurs  enfants à des  parents adoptifs.  De même,  le coucou  a profondément  marqué  l'imaginaire populaire . Combien de dictons, de maximes  a-t-il inspirés ? Est-ce aussi simple coïncidence  qu'il fut un temps où  beaucoup  de  familles,  à  la  campagne,  possédaient  une horloge cou-cou,  appelée  à  rythmer le temps et les saisons.

Guylaine Lairy

Silences matinal et vespéral,  ou presque...

Désertée de ses innombrables voitures, de cette agitation permanente,  de ses cris joyeux ou tristes, j apprends à  réécouter ma Ville.

Piaillements, claquement d'ailes et chants à foison, indéfinissables, ombres majestueuses, sifflements et gazouillis.

Cette musicalité nouvelle me rendent plus attentive, tel un jeu de résonance entre le ciel et la ville.

Je surprends depuis quelques semaines d insolents volatiles venant délicatement se poser sur ma terrasse et sur mon prunus, et ce, malgré la présence de deux matous régnant en maître en ces lieux. Si j'étais un oiseau, je savourerai cette douce et mélodieuse revanche de liberté.

Cécile Lairy

Prendre de la hauteur !

 

Un dimanche de confinement. Des questions existentielles et noires s’étaient invitées au dessert, comme souvent
depuis le début de ce printemps. Lorsque soudain, comme pour répondre à ces interrogations, un chant
mélodieux emplit le salon et s’immisçait joyeusement dans la conversation. Il fallait avoir une bonne dose de culot
pour vouloir changer les couleurs ce cette compote de pessimisme que l’on mangeait à la cuiller. Mais ce chant
raisonnait comme une invitation. J’avais reconnu mon ami le merle, celui qui sans pudeur vient prendre son bain
dans le petit bassin et s’ébroue en arrosant le trèfle et le plantain de notre jardin de poche.

Irrésistiblement attirée, j’emportais mon café sur la terrasse. Je cherchais mon ami au sommet de la résidence
« Les thuyas ». Il n’y était pas. Pas plus qu’il n’était sur le toit du voisin, ni sur le lampadaire du petit rond-point, ni
sur l’antenne de la famille Griradin. Mais où était donc perché ce coquin ? Je l’entendais poursuivre son récital
auquel répondaient en écho les trilles du rougequeue, les notes claires de la mésange bleue et les bavardages du
moineau teigneux.

Dressant l’oreille et levant le nez, je vis soudain se dessiner dans la pénombre, sous le couvercle de ciment
couvrant la cheminée, un petit bec orange qui s’articulait comme une paire de ciseaux chantant et cliquetant.
Assise sur le muret devant la maison, je pris le café avec le plus beau merle du quartier.
« Vois-tu, me siffla-t-il à l’oreille, il me faut être perché pour chanter. As-tu déjà vu un oiseau chanter à terre ?
Prendre de la hauteur ! » me lança-t-il en s’envolant sur la cheminée d’en face. Un instant je me demandais quel
goût avait le dessert des voisins ce jour-là. Alors que mon ami leur offrait sa bonne humeur, je rentrais le cœur
léger et pris ma guitare.
Si j’étais un oiseau, me disais-je, je volerais de cheminée en cheminée pour chanter dans vos salons.

Camille DAMIER-FREY

Début  avril 2020,  18 heures.  Je rentre  du jardin.  Que vois  je tournoyer  autour  de  la grange  de chez  Michel  Freard, ferme de la Hamardiere ? À n'en  pas  douter,  cet animal  à  longue  queue et à  gorge  rougeâtre  ne peut être  qu'une  hirondelle. Soudain,  elle  pique  droit  vers  l'intérieur,  vers son nid de  l'année  dernière  je suppose.  Puis  ce ne fut pas une seule mais  une  petite dizaine  qui s'y sont  donné  rendez-vous  dans  les  jours  suivants.  Elles  ont  ensuite  dégoté  une flaque  d'eau  boueuse  à  côté  de  l'étable.  Et là,  ballet ininterrompu  pour consolider,  colmater  les  précieux  nids. Ma présence  ne semblait  pas  les  gêner,  toutes affairées  qu'elles étaient  à  leur  minutieuse  besogne.  J'espère  que  les  oisillons viendront  se poser en rang d'oignons  sur le toit du cabanon, comme  il y a deux ans,  attendant, gorge  déployée,  la becquée de leurs  parents.

Guylaine Lairy

La poule

La poule est venue un matin, dans un bruissement d’ailes, pas très fin.
Je n’sais pas d’où, ni de chez qui, et n’est plus jamais repartie.

En échange des œufs quotidiens, je la nourris, j’en prends bien soin.
Je n’ sais pas si elle m’a choisi, mais la relation est jolie.

Elle déambule dans mon jardin, les enclos moi j’aime pas trop bien.
Elle piétine mes fleurs mais tant pis, moi ça m’ fait de la compagnie.

Et ne croyez pas qu’elle ne vient, que parce qu’elle a soif ou très faim,
en gloussant je sais qu’elle me dit que je suis un peu sa famille.

Dormir sous mon arbre ? Pas moyen ! Non, car elle n’est jamais très loin…
Elle s’approche, m’observe, fait du bruit, picore mes orteils, mes biscuits.

Alors je la gronde, ou je feins…. Elle détale en courant, revient,
puis elle se fige, croupion levé, comme pour me dire de la porter.

Je mets à profit le câlin, pour lui dire que ce n’est pas bien,
ni de toujours m’embêter, ni de manger mon potager.

Oh, elle s’en fiche vous pensez bien, que pour elle ce n’est rien.
Son monde continue d’explorer. Moi j’continue de l’observer.

Elle prend souvent un air hautain, m’ignore parfois, ignore le chien.
Surtout quand elle a repéré de la salade fraîchement plantée.

Si j’étais un oiseau, je crains, au risque de ne pas paraître malin,
vouloir être ce gallinacé… libre, comme je ne l’ai jamais été.

Linda

 

Privée de balades et de randonnées, ce doux printemps m'invite à me reposer dans mon petit jardin ensoleillé.

La légèreté et la grâce des oiseaux m'offrent un spectacle apaisant. 

Volant de branches en branches l'un d'eux se pose hardiment à mes côtés et m'interroge :

- qui es-tu ?

- je suis un humain confiné chez moi, la faute à un vilain virus qui nous anéanti

- et toi qui es-tu ?

-je suis la mésange charbonnière l'hôte de ton jardin. Je me nourris d'insectes aux beaux jours et de graines en hiver.

Je couve mes œufs dans le nichoir installé dans ton grand chêne. 

- ta présence petite mésange égaye ma journée et notre cohabitation est un pur bonheur pour moi.

Si j'étais un oiseau, je chanterais dès l'aube et jusqu'au soleil couchant ma joie de liberté 

 

Noëlle VONAU 

Mon ténor adoré

 

Dans son habit noir

Sans chemise blanche ni papillon noir

Il entre dès l’aube en scène

Nul besoin de mécène.

Son hymne à la lumière me réveille

Ses trilles sous le soleil m’ensorcellent

Tu jalonnes ton territoire

Quel régal pour l’auditoire

Avant la nuit tu finis le récital

Quelle quiétude, quelle  harmonie finale.

Si j’étais un oiseau, je serais ta copine.

Oh, la coquine ;c’est cela d’ être câline.

Merlette je ne suis pas.

Amoureuse me voilà

 

Ginette  B

d’Anaëlle PIMMEL, 5 ans (6 ans le 18 mai!)

 

Dans mon village de la vallée du Florival, qu'elles sont belles les hirondelles.

Elles volent à tire-d'aile, virevoltent dans le ciel, descendent en chandelle,

offrant, à nos yeux émerveillés, un spectacle d'une grande beauté.

Les étourneaux, en vol groupé, apparaissent, disparaissent dans les hautes herbes du pré

et réapparaissent, en totale harmonie.

Ils font leur show et créent de jolis tableaux. Quel magnifique ballet.

Les voilà dans le cerisier. Ecoutez-les gazouiller et commenter leur belle journée.

Aaaaah. Une corneille, mâle ou femelle, de noir vêtue, arpente allégrement la prairie.

Elle se gave avec énergie. Enfin rassasiée, sur un poteau, elle s'est perchée.

Elle observe l'horizon avec attention.

Tiens, n'est-ce pas un héron, la tête dans le cou et le dos rond ?

Et là-haut, des canards, évoluant en escadrille ?

Quel bonheur d'observer les oiseaux, grands et petits,

plaisir des yeux et de l'ouïe.

Si j'étais un oiseau, je m'envolerai très haut,

je ferai des loopings, des piqués vitesse grand V.

Portée par le vent, je volerai sur le dos, c'est rigolo.

Je testerai les vols stationnaires pour admirer la nature entière

et, comme un rossignol, je chanterai pour toute la Terre.

 

Danièle MULLER

Écouter la lecture de ce texte par Alicia Schneider : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes13/

Colères  de  canards

Soutenez la pétition pour le respect de la condition du canard (www. coincoin.fr) et venez nous rejoindre à la manifestation (décentralisée au bord des mares).  Les banderoles seront les bienvenues, soignez vos slogans !  

On vous rappelle les griefs et les revendications de notre collectif :

Primo : on demande à l’Académie Française de cesser de nous assimiler à une situation très désagréable pour les humains (nous on s’en bat l’aile) : le « froid de canard ».  On propose à la place un « froid de pingouin » ou de « manchot ». Aux pôles ça ne dérangera personne.

Secondo :  c’est scandaleux de nous  confondre avec un bout de papier journal qui ne supporte  même pas l’eau, c’est un comble !  Il paraîtrait même qu’on peut être « enchaîné », nous les grands voyageurs ! On suggère au Ministre de la Culture  de retirer du langage courant  l’expression «lire le canard» à remplacer par «lire le nénuphar».

Tertio : notre conversation en « coin-coin » est bien articulée et sans fausse note.  Les « canards » n’ont pas leur place dans les flons-flons ou les fosses d’orchestre.  C’est une insulte injustifiée.  On demande aux  chefs de fanfares et de Philarmonies d’appeler «un couac, un couac», et rien d’autre !

Quadro : et c’est le pire, un vrai scandale : donner notre illustre nom de famille à  un morceau de sucre  qui s’imbibe de liquides toxiques (pour nous) et y fond très vite pour disparaître,  alors qu’on ne boit que de l’eau ! « Canards à l’eau de vie, au Rhum ou au café » : on exige des Larousse, Robert et Cie de retirer de leurs dictionnaires ces expressions déshonorantes ! On propose  «barboteurs fondants ».

Laurette Meschenmoser 

« A vos plumes, … prêts,… VOLEZ ! »

 

Maison tout en longueur, posée là depuis quelques siècles déjà,

petite sœur de bric et broc entre deux grandes qui la protègent,

Couloir réduit de verdure aux anciennes portes de la cour, serti au cœur d’un village de plaine,

planté et fleuri au fil du temps de touches de couleurs, d’un petit potager sans chichi ni pesticides

et d’un soupçon de nature sauvage pour se ressourcer et voir défiler les saisons.

Maints volatiles petits ou grands avec lesquels le dialogue pourrait bien s’engager :

Si j’étais oiseau-moqueur

Je tirerais la queue du chat

Pour venger tous les moineaux

Qu’il fit passer de vie à trépas.

Si j’étais un oiseau-libre

Je n’aurais plus de volière

Et pour voir la vie d’en-haut

Je ne connaîtrais pas de frontières.

Si j’étais un oiseau-lyre

Je chanterais à tout va

Et mettrais du baume au cœur

A tous ceux qui n’en ont pas.

Si j’étais simple passereau

Je n’écrirais pas tout ça

Je volerais seulement

et vous emmènerais avec moi !

 

Natacha LOIGEROT

Écouter la lecture de ce texte par Caroline Fest : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes5/

Lettre à une Tourterelle…

 

Tant que j’allais et venais chaque matin,

Chaque soir,

Vous étiez là, dans votre abri de lierre

Tant que grinçait la grille

D’années en années, vous étiez là

Tant que se chamaillaient les gamins d’à côté

Dans la cour d’un périscolaire

Dans votre havre de paix, vous étiez là.

Tant que ça criait, tant que ça riait,

Tant que ça se disputait dans l’immeuble

Vous étiez là.

Et puis un jour, j’ai sorti deux chaises de paille

Mis un peu d’ordre selon les codes urbains

Mis un peu de gaieté superficielle dans ce minuscule jardin.

Un jour j’ai commencé à regarder l’ancolie peu à peu s’élever

Un jour je vous ai  enfin vue, guettée, observée.

Trop contente je suis descendue chaque jour pour vous saluer.

Trop de présence

Trop de constance en ce jardin de quartier

Vous êtes partie.

Si j’étais un oiseau, je ne serai pas une tourterelle.

Plutôt un canard…

Le canard à la particularité de s’accommoder de l’eau – il nage –

De la terre – il marche –

De l’air – il vole –

Et si je voulais faire un jeu d’esprit un peu déplacé

Je dirai que confit, le canard n’en devient que meilleur….

L’Homme saura- t-il aller vers ce qu’il y a de meilleur en lui

Après une parenthèse confite ?

 

MDGP

Eh Géante je te vois qui m’observe depuis des heures, tu t’ennuies ? Est-ce le confinement qui te rend si disponible au jardin, et te fait soudain prendre tant d’intérêt pour moi ?

-Je te vois beau Merle noir ; qu’as-tu à sautiller dans l’herbe courte et les pissenlits, à filer tout d’un coup tête en avant telle la flèche vers une improbable cible et puis retour  hardiment ... sans arrêt des va et vient...Quel est ce jeu ?

- Devine un peu ! à 3 questions tu as droit, la première ?

-Sont-ce les fleurs qui jaillissent d’avril qui t’enivrent ? 

-Pas uniquement,

-Tu es seul dans la vie, merle chanteur ? et pourtant ta mélodie surpasse toutes les autres ?

-Non

-Dernière : pourquoi si peu de champ alors que toi ,tu as tout le ciel pour étendre tes ailes ?

-Je suis attaché à un point

-Bon je sèche, un indice ?

-Le PRINTEMPS  SOURIT  et ne vois-tu rien d’autre ?

-Si je vois un congénère, il porte un gros tas de brindilles, plus gros que lui, des brindilles sèches…

-Regarde mieux, quelles différences mon frère ?

-Oui, il a le bec gris ,il est terne et ne te ressemble pas du tout, qui est-ce ?

-C’est ma merlette ,

-Et où vole t’elle sans arrêt ? Je vois qu’elle s’engouffre toujours au même endroit dans la haie de tuyas ; ah certainement pour construire un nid !

-En effet et moi je monte la garde pour surveiller les alentours et la protéger de  ton  chat cruel ! Il s’appelle Zoreille je crois.

-Bravo merle tu es le plus séduisant avec ton bec-pissenlit et ton plumage si noir,  le plus attentionné mais du coup tu ne travailles pas beaucoup, on ne connaît pas le partage des tâches domestiques dans les familles-merle … bravo la merle-attitude !

Allez les merlettes il faut que ça change cette société machiste, nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle;  à vos pancartes et calicots  dans les arbres ... quand commence-t-on les revendications féministes ?

Claudine Voignier

A vos plumes !

Je vis dans un village

Qui s’appelle Ammerschwihr

Au milieu des vignes,

La foret est tout prêt.

En ce temps de confinement,

A travers les velux du premier

Ou les baies vitrées de la véranda

J’observe les oiseaux.

Je les photographie aussi,

La maison me cache à eux,

Je peux être à l’affut,

Et j’essaye de les identifier.

Il y a

Les moineaux

Qui viennent picorer

Ils aiment se poser sur le grillage

Ou sur les branches du sapin

Il y a

Le rouge queue

Avec ses dessous rouges

Et son pardessus noir

Hier

Un couple de tourterelles

Dans la cour d’à côté

Belles, avec leur collier distingué

Les corbeaux viennent se poser sur les toits,

J’ai tenté de les graver.

Maintenant je leur préfère les choucas

Avec leur drôle d’air,

Robe d’un gris sombre

Et masque noir

A l’automne, 

Les étourneaux se rassemblent

En ballets fabuleux

Au printemps,

Les hirondelles nichent

Sous les corniches

Sur le toit de la tour du village

Nichent les cigognes

Impressionnantes, quand elles nous survolent bas

On peut entendre le bruit de leurs ailes

Mais j’ai un faible pour les rapaces

Que j’observe dans les vignes

Les buses tournent volontiers à deux, à trois

J’aime les suivre et les photographier,

J’aimerai les approcher et découvrir leurs nids

De petits faucons gris (pense-je),

Filent au-dessus du village.

Fins, ils sont trop rapides pour être saisis par l’appareil.

Sinon à l’arrêt, posés sur un piquet ou le fait d’un toit.

Si j’étais un oiseau,

J’aimerai être chacun de ceux-là !

Danser avec les étourneaux

Jouer dans les gouttières avec les moineaux

Tourner très haut avec les buses et les cigognes

Piquer des sprints

Jouer avec les courants

Me faire discret, invisible,

Telle la chouette,

Qui doit être là, pourtant.

 

Raeth

Écouter la lecture de ce texte  :

 

Depuis mon HLM,

 

J’entends siffler les corneilles

Ah ! Comme elles aiment

Bien papoter dès le réveil.

Et piou, piou, piou

Et piou, piou, piou

Depuis mon HLM,

Je les vois qui se querellent

Ah ! Comme elles sèment

La zizanie entre elles.

Et piou, piou, piou

Et piou, piou, piou

 

C’est bien à Altkirch, un quartier

Connu pour ses cachoteries

Que des beaux oiseaux se lient d’amitié

Et discutent des problèmes de la vie.

Et piou, piou, piou

Et piou, piou, piou

 

Si j’étais un oiseau, je m’envolerais loin

De cette terre pour gagner de la hauteur

Et je parcourrais le monde. Oui, c’est certain.

Si j’étais un oiseau, je volerais sans peur !

 

© Joëlle MARGUET

Écouter la lecture de ce texte par Corentin De Simone : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes26/

Ah si……

« Ah, si j’étais humain, je n’aimerai pas ça! » Monsieur et Madame Tourterelle sont bien décontenancés devant le manque de jugeote de Monsieur et Madame Humain. Ils vivent sous le même toit, chacun de son côté du mur ; les oiseaux sous l’avancée des combles et les Hommes dans la maison. Au lever du jour, Monsieur et Madame Tourterelle s’affairent déjà résolument à leur journée, madame roucoulant ses directives à monsieur et lui de même !  « coucou-cou, coucou-cou…… » Et cela pendant des heures ! Monsieur et Madame Humain excédés par tant d’incivilités rouspètent au fond de leur lit ! A l’heure où Monsieur et Madame Tourterelle prennent un instant de repos, Monsieur et Madame Humain entament leur journée de travail chacun de son côté, sans jamais se rencontrer. Comme les oiseaux, les Hommes travaillent dur, pour amener un peu de confort dans leur logis. Les oiseaux comptent l’un sur l’autre sans se perdre de vue très longtemps, et pour garder le contact ils s’appellent en roucoulant. Monsieur et madame Humain comptent l’un sur l’autre aussi et se parlent avec un drôle de rectangle qu’ils ne quittent que très rarement. Et alors que le soleil disparait derrière l’horizon, Monsieur et Madame Tourterelle s’endorment épuisés, blottis plume contre plume, tendrement dans la chaleur de leur nid, veillant l’un sur l’autre avec tendresse. Monsieur et Madame Humain, malgré la fatigue ne veulent pas dormir, ils veillent encore longtemps devant cette horrible boite à image qui hurle des sons affreux, sans même se regarder ou se dire un mot. Et puis harassé de fatigue l’un se lève douloureusement pour rejoindre son lit, l’autre viendra plus tard, il faut finir le programme ! Leur rectangle à communication posé à proximité au cas où ils auraient des choses à se dire. Et monsieur Humain avant de sombrer dans le sommeil, se dit : « si j’étais un oiseau, je profiterai de ma vie ! »

Lydie

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Si j'étais un moineaux, je volerais, de la maison de retraite, jusque sur mon balcon, picorer les quelques miettes que je veux bien laisser.

Si j'étais un pigeon, je plongerais en piqué, du haut toit des immeubles, pour venir nidifier juste devant mes fenêtres. Je me demanderais pourquoi l'homme s'enferme, pendant que moi, libre, je viendrais l'observer. Je poserais brindilles, branchages et feuilles mortes pour accueillir ma belle et mes nouveaux petits.

Et si j'étais mon chien, je dégagerais dare-dare la vermine invasive qui prend mon territoire. J'aboierais sans relâche devant les bêtes à plumes qui pensent que ma terrasse est un coin de nature.

Mais si j'étais un homme, je fuirais loin d'ici, je m'envolerais plus haut que la cloche de l'église qui sonne tous les quarts d'heure le temps que je passe inerte à envier mésanges, tourterelles et corneilles. Je quitterais la ville et parcourrais le monde, j'irais à tire d'aile hors de ma kitchenette, rencontrer d'autres peuples, saluer d'autres êtres.

Si j'étais un oiseau ...

Pierre Schuller

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Quand les oiseaux s’en mêlent


Sur un signe de mes anges, j’arrête de bailler aux corneilles et de tousser malgré ma rouge gorge. Je
me lève. J’ouvre alors ma fenêtre, pour les apercevoir. Au tout début pas un son. J’écoute alors la
forêt en face de chez moi, point de canards ne viennent flétrir mes oreilles, en cet espace quelques
rongeurs mais aucun rat passe. J’en suis sur, ce n’est pas leur heure. J’attends un signe de Dame
Nature. N’importe quoi, un frôlement d’ailes pour m’éveiller, pour élever mes pensées. Aux
environs d’elle, elle, la Dame Nature, celle qui ravit la vue, de vallons, de pics verts et jaunes à
foison, je me sens bien. Et p’i, il faut le dire, je me prends presque pour un roitelet sans tourterelle à
défendre. Et bien, mille ans peuvent passer, sans pinson pour le flétrir, son corps beau sera toujours
bien achalandé par la faune et la flore que revêt ses sous-bois. Coucou, je suis là, je ne peux encore
m’aventurer auprès de toi mais je joue à cache cache avec toi, je te vois et t’entends . Pauvre
Martin, pauvre pêcheur toute confinée que je suis, je te poursuis. Ah si j’étais un oiseau, je piquerais
une tête, et dans un véritable plongeon argenté, du toit à toi, j’irais de moi vers toi. Tu piges, on
peuplerait le ciel de mots saugrenus, pas trop grossiers et dans ce verdier d’Europe, j’inventerais les
vannes aux oiseaux .


Flora Pourcelot

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes37/

Je suis petit Mano et je suis juste assez haut pour regarder et écouter les oiseaux. Après tout, il
paraît que c'en est un, d'oiseau, qui m'a déposé quand je suis né et c'est là que tout a commencé.
J'ai de la chance, quelque soit l'endroit où je me trouve dans mon chez-moi, ils se relaient du matin
au soir dans leurs battements d'ailes.
Quand à peine je me réveille, il y a ceux que je ne vois pas mais que j'entends seulement.
Avec le jour, j'ai tout le temps pour observer leurs activités. Et quand le temps le permet, je peux
sortir sur le balcon et encore mieux les voir et les entendre me parler.
Dans la pénombre, ils forment un ballet pour regagner leurs pénates.
Lorsqu'il fait sombre, les hiboux et les grenouilles se répondent.
Ma mamie connaît tous les noms des oiseaux. Je ne les retiens pas, mais après tout, qu'importent
leur plumage, leurs prouesses ou leur chant : leurs noms m'échappent pourtant je les connais, les
reconnais, je sais exactement où les voir.
Maman me dit cuicui, coincoin, coucou hibou. Moi je réponds chouette ! Et je ferme les yeux et je
m'envole. En haut de l'arbre avec le moineau, qui vient des fois jusqu'à moi, maman dit qu'il me
surveille. Attention si je fais des bêtises !
Mais qu'est-ce que c'est ce drôle d'oiseau ? Papa me dit que c'est un avion, qu'on n'en voit plus
guère, pas autant que les hélicoptères en ce temps de guerre.
Si j'étais un oiseau je voudrais partager tous ces moments en leur compagnie, voler de l'un à l'autre
pour leur dire que grâce à eux le monde est plus beau et joyeux : à côté du corbeau qui casse les
noix sur le macadam, avec les cigognes qui picorent des graines récemment plantées dans le champ,
dans l'étang avec les canards, avec les hiboux pour avoir droit de sortir la nuit même si ça me fait un
peu peur.


Delphine STEHLIN

T'es trop chou,... Chou, t'es trop.... 

_ Ké ké ké s'keu c'é ? 

_ Chou... T'es trop chou... Chou, t'es trop. 

_ Mais j'suis là, k'est-ce tu fous ? T'es bourré ? 

_ Fou, fou... T'es trop fou. T'es trop fou. T'es. 

_ Biiien. Biiien. Biiien. 

_ Chépas. Chépas. Chépas Chipie. Chépas. 

_ Crois, crois, trois fois. Crois trois fois. 

_ Gros nul. Gros pull. Trop nul hi hi hiiiiii ! 

_Tiiiens. Biiiens. Tiiiens. 

_ J'y va? T'y vas ? J'y va ? T'y..... 

_ T'es où Loulou ? T'es où Loulou ? T'es où Lou ? 

_ Si si si Lily. Si si si Lily. 

_ Viiiens. Tiiiens. Biiien. Viiiens. Tiiiens. Biiien. 
_ Yasmine ! Janine! J'arrive ! J'arrive !

_ Mais mais mais t'es habillé encore !

_ Bof bof bof bof.....

_ Riiien. Riiien. Riiien. Biiien. Biiien. Tiiiens. Viiiens.

_ D'où t'es trop chou, Lou ? D'où ? D'où t'es trop doux ? D'où ?

Si j'étais un oiseau, je t'écrirais des dialogues d'humains entendus depuis mon nid, ce matin.

Marianne Harmi 

Le petit moineau et l’hirondelle

Sur une branche du lilas du jardin, deux petits yeux contemplent les hirondelles. Posées sur les fils électriques, elles ressemblent à des notes de musique et quand elles font du rase motte au- dessus de la piscine, le cœur du petit moineau se remplit d’admiration. Qu’est-ce qu’il aimerait leurs ressembler, lui si rond et maladroit, elles si effilées et majestueuses. Quand elles s’envolent, un ballet se met en place au- dessus du jardin, une chorégraphie envoutante. Alors, un jour, lui aussi décide de devenir hirondelle, il prend son courage à deux mains et va se poser sur le fil. Les belles s’envolent à son arrivée outrées par tant d’audace ; sauf une : grand-mère hirondelle s’approche, elle aussi l’avait remarqué dans son lilas, elle aussi aimerait tellement se poser dans l’arbre. Mais ses ailes, si longues, ne le lui permettent pas. Pour s’envoler, elle doit trouver un fil, un toit, un promontoire. «   Raconte- moi tes voyages, grand-mère ! ».

 Alors, elle lui dévoile l’immensité de la Méditerranée, le sable chaud du désert brulant, les nuits glaciales, les couchés de soleil monumentaux, sa vie là- bas en Afrique. Moineau est hypnotisé par son récit, et grand-mère lui demande à son tour, de raconter son hiver. Alors, dans un élan de fierté, il lui chante l’automne flamboyant, où la nourriture abonde encore, et puis le vent glacé qui transperce le corps de ses flèches, le flocon, qui fait un petit chapeau de cristal, les enfants qui jouent emmitouflés, dans le jardin méconnaissable, puis la mangeoire remplit de graines tous les jours, l’assiette d’eau tiède qui réchauffe, le chat, ah le chat ce grand poltron dont il faut se méfier, le HLM à moineau dans la haie, la famille qui s’affaire derrière la fenêtre, l’ alliance avec les rouges gorges et les mésanges contre les pies. Et aussi, les pommes sucrées qui font le délice des merles et les tourterelles qui orchestrent la journée. Et puis le printemps, escorté par la multitude d’odeurs de fleurs, le vert des bourgeons, les abeilles qui se réveillent. L’attente des hirondelles ! Emue, grand-mère hirondelle dit à moineau : « toute ma vie j’ai rêvé d’être un moineau, alors, si j’étais un oiseau courageux comme toi, je ne chercherai plus à devenir quelqu’un d’autre ».

Lydie

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes30/

Une pluie de pétales

Confinée dans ma maison du quartier du Monenberg à Sierentz, je paressais sur ma chaise longue dans le jardin en regardant le ciel et le quartier résidentiel vallonné alentour. Tout à coup, mon attention se porta sur des chants d'oiseaux. Deux oiseaux perchés sur les toits voisins semblaient converser, chantant chacun à leur tour. Les jours suivants, la scène se répéta.

Je décidai de mener l'enquête et mis au point un traducteur de chant d'oiseau en tressant des queues de pâquerettes avec une belle plume abandonnée dans mon jardin par une pie. Puis je retrouvai mes compères au jardin. "C'est si triste qu'elle soit confinée après le décès de son mari. Elle a été si gentille de mettre des boules de graines dans son jardin pour nous en hiver. Il faut que l'on agisse vite !" Dit l'un. "Ne t'en fais pas, les rouges-gorges, les moineaux, les pies et les tourterelles sont prêts : on peut se lancer dès demain, si l'on trouve du fil !" lui répondit l'autre.  Je compris qu'ils préparaient une surprise pour ma voisine d'en face. Je leur proposai de leur donner du fil. Ils étaient surpris que nous nous comprenions si naturellement ! Ils me demandèrent si je pouvais enfiler des fleurs sur le fil, car c'était le plus difficile pour eux. Naturellement, j'étais ravie de pouvoir les aider ; et le lendemain j'attendais avec impatience de les voir offrir le collier à ma voisine. C'est alors qu'une nuée d'oiseaux multicolore se rassembla au-dessus de la maison d'en face. Ils firent voler des milliers de pétales en une pluie blanche, rose et jaune. C'était féérique, je n'avais jamais vu autant de couleurs scintiller au soleil. La voisine sortit de sa maison pour admirer ce véritable miracle, et une mésange lui offrit le collier de fleurs. Elle rayonnait je joie, c'était magique.

Si j'étais un oiseau j'apporterais chaque matin un petit bonheur à quelqu'un comme l'ont fait mes amis ce jour-là.

Léna, 8 ans

La nature s’éveille

Très tôt le matin

Après une nuit de nouvelle lune laissant poindre le jour

Déjà ils sautillent de branches en branches

Plus loin sur les arbres allant jusqu’aux cimes

On les entend sans les voir

Dans cette demi-obscurité sur la terrasse

Une symphonie toute en couleur.

Ces oiseaux dénicheurs :

Feront  de la place aux bourdons,

Où se mêlera le ballet des papillons.

Tous ces oiseaux sans nom ; glanent leur nourriture.

Narguent mes quatre chats tapis dans l’herbe

Mais ces chants sont-ils pour moi ?

J’en ai bien l’impression et l’émoi

Je plonge dans une méditation, je retrouve mon moi

Si j’étais un oiseau, je virevolterais

Juste pour le plaisir, j’offrirais

Ce gazouillis inlassable

Pour mes semblables

Claude J

Fenêtre fermée. Bien fermée.

Rideau tiré.
Non, toi tu es un oiseau.

Ne t’approche pas.
Tu ne regarderas pas mes écrans.
Tu as déjà accès à mon wifi malgré moi.

Pas ma télé, pas ma radio.
T’as pas WhatsApp, Zoom ni Skype.

Continue à siffloter.
Tu es un oiseau.

Pas de Facebook ni Instagramm.
Même pas en rêve on communique avec tes faux Tweet, tweet.

S’il y a un mur, une fenêtre c’est pas pour rien.

#Restez à la maison,
Toi dehors et moi dedans.

Si je m’appelle homme et pas oiseau il doit bien y avoir une raison.

Chacun chez soi, bientôt la 5 G,

T’as pas inventé l’eau chaude, le micro-onde ni la lampe à UV.

Regarde ton assiette, araignées, larves, mouches

Et tu voudrais que je te touche ?

Parait que vous vous mangez même entre vous !

A l’intérieur la température, les humeurs sont régulées,

T’es même pas capable de l’imaginer

Ça fait longtemps qu’on a arrêté de claquer du bec et de transpirer.

Il parait que tu es le descendant des dinosaures

Moi je pense qu’à refuser le progrès

Toi et tes congénères vous en êtes encore.

Oui notre modèle bat de l’aile

Mais comme j’ai entendu patience et relance alors je fais confiance

Ils ont fait de hautes études

Enfin ça non plus tu ne peux pas le comprendre.

Et si tu voyais toutes ces vidéos

Tu ne soupçonnes pas les ressources,

La créativité, l’originalité, vraiment ces élans de solidarité …
Et tant pis si j’ai la tête et les yeux pixélisés,

J’ai même vu un reportage sur Arte

Paf !

Vraiment cons ces oiseaux

Contre la fenêtre il s’est crashé

Va falloir l’ouvrir pour laver le carreau.

Si j’étais un oiseau, pitié, je préfère ne pas imaginer ça !

Antoine, pseudonyme

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes27/

Tout a commencé un matin incertain, alors que le soleil peinait à traverser la forêt et  que la plupart des humains sommeillait encore. 

Derrière la maison poussait un arbre envahi par le lierre, les enfants l'appelait l'arbre à oiseaux. 

On voyait ses feuilles frémir, pépier et vibrer aux sons du chants de tous les oiseaux qui avaient élu domicile en son sein. Il avait un tronc rugueux envahi par de la belle mousse, des petits buissons poussaient à sa base remplis de petites baies délicieuses.

Un merle, de ceux qui avaient éclos  au printemps, malicieux, un peu maladroit et tellement confiant poussait la chansonnette sur l'une des branches de l'arbre à oiseaux ce matin là, il avait réveillé l'enfant qui s'était levé, laissant la maisonnée endormie.

Le petit garçon avait entendu l'oiseau, il le connaissait. 

Il faut savoir que l'enfant s’entraînait tous les jours à lui répondre depuis qu'il avait appris à siffler. Quiconque se rappelle du moment magique où il a émis son premier sifflement, se souvient sans doute de tous les exercices qui s'en sont suivis et aussi, et surtout, du rôle des oiseaux dans cet apprentissage.

Notre petit garçon conversait ainsi avec le petit merle, la légèreté de la conversation était au diapason avec la mélodie. Les propos n'était pas sérieux, et pourtant ce qu'ils se disaient était de la plus haute importance. 

Les oiseaux qui volent tout là haut ont un point de vue qui intéresse tout humain, en particulier les enfants.

Leur conversation cessa à l'appel strident du petit déjeuner. L'enfant quitta à regret le petit merle.

"Si j'étais un oiseau, se dit le petit garçon, j'habiterais avec mon ami dans l'arbre à oiseaux".

Véronique JORAI

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes36/

Parmi les hautes branches de l’arbre, je chante, je communique avec les autres de mon espèce.

Je perçois les premières lueurs du soleil, les rayons lumineux réchauffent mon plumage.

J’apprécie cela, les nuits d’Avril sont encore fraîches. Je récupère les branches que le vent aura éparpillé pour façonner le nid de mes petits.

Si nous n’étions pas là, seul le son de la cloche et le bruit du moteur du paysan au loin se feraient entendre.

Notre vie est simple, apprécier la tiédeur du soleil, chanter pour rependre une douce mélodie, déployer nos ailes pour planer au-dessus des toits de vos maisons, de vos des jardins et des paysages que nous partageons, visiter d’autres lieux, chercher de quoi se nourrir, et veiller à ce les oisillons ne manquent de rien, laisser le vent nous effleurer, se maintenir au chaud. Nous vivons en harmonie avec le monde qui nous entoure. Nous aimons la liberté. Nous signalons notre présence pour indiquer que ce territoire est occupé et éloigner d’autres oiseaux, mais aussi pour que celui qui partage notre nid sait où nous retrouver.

Les humains aiment entendre nos chants, les chiens tendent l’oreille sans pouvoir nous voir et les chats nous-nous en méfions.

Nous sommes plus actifs le matin car il nous faut faire des provisions de bon matin, les insectes sont plus faciles à attraper. Nous attendons que le soleil réchauffe arbres et arbustes pour cueillir des graines et des fruits.

J’ai un message pour les Humains : la vie est précieuse, profiter de chaque instant, apprécier le vert des arbres qui apparaissent au fur et à mesure de façon plus nombreuse, apprécier le vent même s’il est encore frais, apprécier les premières lueurs du soleil sans attendre qu’il soit chaud, construisez et assurez-vous de la solidité de votre nid, mais déployez vos ailes si l’envie se fait sentir. La nature est belle et luxuriante, pourquoi polluer le sol et pourquoi des coups tonitruants raisonnent dans l’air et font courir toutes les bêtes prises de panique ? Nous chantons, nous célébrons le printemps, nous célébrons la vie, prenez-en de la graine.

Si j'étais un oiseau, je pourrais communiquer le même langage qu'eux, je n'aurais pas besoin de fermer les yeux sur ma terrasse pour imaginer les comprendre. 

Sandra Werner-Bruneau

 

Le merle et le cerisier     (à la manière de …)

Episode de vie animale dans mon jardin, une délicate cohabitation. 

 

Dame merlette sur un arbre perchée

Ecoutait au jardin un chant harmonieux.

Qui appelait ainsi d’une si belle voix ?

Au lever du soleil il s’était rapproché.

Venait-il du pommier, tout rabougri et vieux

Ou bien du jeune tronc promettant plein de noix ?

 

Descendue sur la mousse pour chercher un gros ver

Elle picorait, sautait, surveillant  malgré tout

Le gros chat  du voisin, un gourmand noir et blanc.

L‘animal gambadait parmi les primevères.

En n’ayant l’air de rien  ce fieffé matou

Prenait l’air du matin, mais il faisait semblant !

 

Le chant s’est enhardi, long et mélodieux

Merlette s’est envolée  échappant au greffier.

Un  mâle paradait et de son beau bec d’or
Sortait une chanson venue du haut des cieux

Depuis les grappes blanches des fleurs du cerisier.

Ils préparent un nid  et voient le chat qui dort : 

 

Le danger reste là, mais ils  sont vigilants ;

D’autres pelages blancs, noirs, gris, beiges ou roux

S’invitent au jardin,  y cherchant aventure. 

Le nid bien arrimé pour les futurs enfants,

Leur offrira  un gîte bien chaleureux et doux

Et les cerises à point, un vrai festin futur.   

 

Si j’étais un oiseau, je parcourrais le monde

Je vocaliserais en ami des artistes.

Dans les deux hémisphères, puisque la terre est ronde

Je chanterais le jour pour tous ceux qui sont tristes, 

Pour les ornithologues, ces passionnés amis.

La nuit je bercerais les rêves d’endormis.

 

Si j’étais un oiseau, un petit ou un grand

J’irais à tire d’aile comme un fier messager,

Apporter de la paix, lancer mon plus beau chant.

En hôte des jardins  ou furtif passager

Je saluerais bien fort  mes amis jardiniers 

En leur offrant du bec un rameau d’olivier.

 

Laurette Meschenmoser

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes29/

Au clair de la lune…

Dans mon jardin sur la colline

 

Au clair de la lune

Mon ami l’oiseau

Donne-moi une plume

D’aile de corbeau

Pour que je dessine

Prends-la dans ton bec

Mon stylo est sec

Et mon crayon sans mine.

 

Au clair de la lune

Mon ami l’oiseau

Donne-moi une plume

Pour mon grand chapeau

Une plume d’aile

Ou plumet de crête

Pour que je sois belle

En habit de fête.

 

Au clair de la lune

L’oiseau répondit

T’auras pas de plume

Je suis dans mon nid

Va chez la fleuriste

Choisir un bouquet

C’est une autre piste

Qui sent bon l’oeillet

 

Au clair de la lune

Roseau murmura 

Je n’ai pas de plume

Mais bien plus que ça.

Viens couper ma tige

Et son grand plumeau

Mieux qu’une rémige

Ce sera plus beau.

 

Au clair de la lune

L’enfant s’endormit

En rêvant de plume

Au chaud dans son lit.

Dans la chaleur douce

D’un duvet moelleux

Une poule rousse

Exauça ses vœux.   

 

Au clair de la lune

Si j’étais un oiseau

Je prêt’rais une plume

Taillée en biseau.

J’aid’rais les artistes

Privés de crayon

Et pour les modistes

Ma plume de paon.

 

Laurette Meschenmoser

 

L’oiseau des Princes

Je le vois arriver depuis la cime des cieux. Il n’est pas très grand, et pourtant, il semble vouloir me saluer. Depuis déjà quelques jours, il ne cesse de tournoyer au-dessus des balcons des maisons environnantes. Twit twit. Un vol plané d’une grande majestuosité. Comme s’il espérait me démontrer sa beauté. Ou peut-être m’emmener un peu avec lui. Assise, sur ma chaise en bois, je ne le quitte pas des yeux. Même lorsqu’il disparaît de mon champ de vision. Twit twit. Je l’entends, et c’est comme si j’étais toujours avec lui. Cet oiseau princier me montre la vie d’un nouvel oeil. Le vent glisse sur ses plumes éclatantes, et le soleil rebondit sur son dos flamboyant. Il pourrait presque se fondre dans la masse des tuiles orangées qui recouvrent les toits de mes voisins. A l’horizon, des arbres d’un vert tendre et d’autres d’un vert plus mûr. Twit twit. Son cri aigu résonne dans les rues désertes. En dehors des moineaux, et parfois d’un chat sauvage, le quartier lui appartient désormais. Il s’y est établi en maître absolu, telle est la signification de son chant entêtant. Twit twit.
Twit twit. Qui est donc cet oiseau ? D’où vient-il ? Pourquoi ne l’avais-je jamais vu auparavant ? C’est silencieuse que je lui adresse toutes ces questions. Je n’ai pas besoin de crier pour qu’il m’entende. Ma présence seule lui suffit. Twit twit. Il tournoie autour de moi. Presque insolent dans sa beauté. Un peu narquois. Twit twit. Lui peut s’ébrouer à volonté dans l’air agréable du printemps, il peut bien continuer à siffler, mes yeux sont rivés sur lui. Quoi qu’il fasse, je l’admirerai. Twit twit. Il jette un cri arrogant à la corneille perchée sur une parabole, que jamais personne ne regarde. Comme la nature est parfois injuste ! Mais la corneille n’en a que faire, et elle s’envole par-dessus la cheminée voisine. Quant à mon oiseau roi, il continue son petit jeu. Twit twit. Si j’étais un oiseau, je serais un faucon crécerelle : libre de toute chaîne, libre de tout jugement.

Fanny Da Silva

Écouter la lecture de ce texte par Isabelle Malenon : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes12/

La revanche du moineau

Nous voici au mois d'Avril
Moment où le soleil reste fragile.
Derrière ma fenêtre, j'observe les oiseaux.
Je me surprends à envier ce petit moineau.
Lui, qui me nargue insouciant et libre.
Moi, dedans, jalouse de ce petit bougre.
La vie est taquine tout de même.
Me voilà à rêver de devenir cette créature à plumes.
Que se passe-t-il dans la tête de cet oiseau,
Libre d'aller et venir et qui fait le beau ?
Il se pavane, posé sur sa branche, sifflotant.
L'air est plus pur, je crois qu'il le sent.
Bien sûr que je sens que l'air est pur
Depuis que vous ne bougez plus vos satanées voitures.
C'est agréable de virevolter parmi les abeilles.
Maintenant que les humains sont en sommeil.
Vous vous sentiez puissants et forts
Moi je n'ai rien d'autre que mes ailes et mon corps.
Tu as bien raison petit moineau, profite de ta liberté.
Si j'étais un oiseau, je volerai pour l’éternité.


Fatima Mimouni

Écouter la lecture de ce texte par Sarah Fischer : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes6/

 

Une seconde précieuse.

C’était une matinée banale, confinée au dernier étage de mon immeuble. Je me tenais assise dos à ma baie vitrée grande ouverte, et me laissais réchauffer par le soleil matinal. Derrière moi, une vue panoramique sur le ciel et des jardins. Je faisais semblant de lire. Les mesures sanitaires avaient plongé mon quartier sous une gangue de silence et d’immobilité, et mon sentiment de calme était tel que je me sentais me dissoudre dans le moment. C’est alors que j’ai capté un signal. Troublée  je me suis retournée à la recherche de quelque chose, mon regard s’est déplacé vers le bleu du ciel. L’air était translucide, le quartier ne respirait pas, suspendu au silence. C’est à ce moment précis que je l’ai vue. Elle tournoyait lentement devant moi, comme dans une danse, fière de me montrer sa légèreté à flotter dans le ciel. Ses ailes déployées s’appuyaient sur l’air. Elle ne faisait quasi aucun mouvement et  décrivait un cercle calme et profond, s’élevant imperceptiblement vers le haut du bleu. C’était étrange, mais il semblait que toute cette chorégraphie m’était adressée. Je retenais mon souffle, fixée sur cette cigogne si magnifique et si proche. La suite est extraordinaire. Ma conscience s’est élevée jusqu’à l’oiseau, mon regard a pénétré ses mouvements, comme guidé. Je me suis sentie être avec elle et planer avec ses ailes. Cet oiseau m’apprenait à voler, je partageais de l’intérieur chacun de ses infimes battements, ressentais ses appuis sur l’air dense qui nous soutenait,  sans la moindre peur de tomber. Mon énergie avait rejoint la sienne, je planais et pénétrais l’air comme un oiseau. Je me sentais d’une  légèreté incroyable et pourtant j’avais conscience de son poids. Cet instant incroyable et démesuré n’a duré qu’une seconde. La cigogne a continué de s’élever et j’ai perdu son contact. Moment inoubliable : je ne dirai plus, si j’étais un oiseau.  

Anne Berger

=> écouter la lecture de ce texte : www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes2/

cigogne

 

Le Rouge-queue

Ma figure tutélaire,

Pépites de petits pépiement joyeux,

S’incline, se redresse, s’incline, se redresse, salut Bienheureux !

Petit sémaphore de mes chemins escarpés, il m'alerte et m'éclaire.

Il ne fallu point un coursier moins hardi et moins vivace

pour attiser si admirablement la flamme désillusionnée des âmes !

Car c'est à son chant loquace mêlé du froissement des plis qu'il déchire

Qu'il regonfle d'espoir les cœurs isolés du message pépié des absents.

 

Ingrid Jurgens

Écouter la lecture de ce texte par Rosine Val : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes10/

Dernières nouvelles d’Alsace (centrale)

Donne-moi des nouvelles. Pas des chiffres, pas de déclarations qui répondent aux déclarations qui répondent … Donne-moi des nouvelles de ces fleurs de sous-bois à peine espérées qui déjà sont fanées, du prunelier qui a passé le témoin à l’aubépine. Verrons-nous les ombelles du sureau ?

Parle-moi des mares où les crapauds que je n’aurai vu arriver sont déjà partis, des tritons qui s’y agitent encore, entre parades et chasse aux têtards de ces mêmes crapauds. Sur le bord, le jaune des iris des marais doit sans doute réveiller les premières demoiselles.

Le rossignol chante tellement fort le soir que je sais qu’il est arrivé, maintenant j’attends les martinets. Dans leur langue le mot « confinement » se dit « cage ».

Je sais aussi, enfin je suppose les blaireautins en vadrouille, ils ont quitté le terrier ; les faons eux ne tarderont pas à naître dans un muguet qui sous ce soleil doit être déjà bien avancé. Tu me le confirmes ?

Ça fait 8 ans que j’habite ici et c’est la première fois que tu chantes au centre du village. Comme si tu avais senti l’urgence, la détresse. Deux semaines que je peux dire « un rouge queue à front blanc est presque sur le rebord de ma fenêtre ». Deux semaines où quand tu chantes, je souris bêtement.

A travers ton chant tu donnes des nouvelles de ces pays traversés durant ces mois passés. Il parait qu’à tes accents, tes bribes d’imitation qui disent les oiseaux fréquentés durant ta migration on peut tracer la carte de ton voyage. Alors, entre mélange de lieux visités, vécus et d’autres fantasmés, je longe avec toi vallées et rivières, franchis cols et frontières, m’arrête sur une place de marché, une cabane de jardin, l’inévitable zone commerciale aussi, les chantiers d’autoroute où avant les pelleteuses tu aurais pu t’arrêter. Et la Méditerranée, qu’en est-il ? Il y a des morts qu’on préfère ne pas regarder.

A ce propos, si j’ai un conseil à te donner, méfie-toi si tu descends dans les vergers. Elle aussi doit manger et d’ici quelques semaines je l’espère, nourrir une nichée mais je préfèrerais que tu ne figures pas au menu de la chevêche. Peut-être y a-t-il suffisamment de hannetons et de cétoines cette année pour satisfaire son appétit.

Enfin avec tous ces chats tu n’es pas davantage aidé ici.

Bref, n’oublie pas, reviens me voir au premier martinet, au premier n’importe quoi. Et si tu peux, donne-moi des nouvelles, des fleurs de noyer, des lucanes, des hérissons qui profitent je l’espère de croiser moins de voitures, parle-moi les étoiles, de tout ce que tu veux. De moi.


Si j’étais un oiseau, je dormirais sans doute à cette heure-ci !

 

Hector Pseudo

 

Ni dieu ni maître Corbeau

Maître Corbeau, belle mèche, sur le rebord de ma fenêtre perché,

Dans mon impasse ombragée
Tenait en son bec un fromage.
Moi, simple hominidé, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes et autres virus de ces bois.

Enfin de la rue.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, chante « Nous sommes en guerre ! », et laisse tomber sa proie.
Maître de pas grand-chose je voudrais bien m’en saisir et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.

Mais comme je suis coincé derrière ma fenêtre, et que je suis déjà sorti une heure aujourd’hui

(merci bon prince !)

Vous pouvez tranquillement le ramasser !
Le Corbeau continuera donc de se moquer de moi,

Lui qui nous appâte de ses bouts de fromage depuis bien plus de 350 ans.
Le Corbeau, arrogant et fier

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus,

Qu’il écouterait les voix des fenêtres …

Il apprend vite,

A son tour de nous flatter.

Ah, si j’étais un oiseau je n’aurais pas à faire semblant de voter tous les 5 ans.

Saïd Pseudo

 

Habiter en oiseau*

Un mois déjà à ce régime-là, qui l’aurait cru ?

Fenêtre équipée d’un « rainbow maker », je vis au milieu d’arcs en ciel tournants quelques heures par jour en écoutant serins, moineaux, rouge queue noir, hirondelles de fenêtre et pour la première fois en 8 ans, un rouge queue à front blanc. Leurs conciliabules respectueux des temps de parole sont habités de silences qui font de la perspective des notes suivante une douce espérance.

Les oiseaux n’ont pas eu l’idée d’inventer frontières et pièces d’identité. Ils s’inventent certes des territoires éphémères mais sur la base de mises en scène bien plus sonores et colorées que belliqueuses.

Pour réguler les tensions ils surjouent ce que nous croyions être une simple ligne de démarcation, une loi du plus fort alors qu’il y a dans le chant une volonté d’organisation collective et de partage de l’espace terrestre, aérien et accoustique.

Défendre un espace pour que le voisin ait le sien. Stimuler une opposition qui renforce les convergences d’intérêt. Jouer à menacer celui qui par sa présence devient de fait un allier. Il y a trop de subtilité dans la scénographie des oiseaux pour qu’un humain saisisse le quart de ce qu’ils trament entre eux. Que diraient les animaux si … on leur posait les bonnes questions titre Vinciane Despret un de ces ouvrages avant de nous inviter à Habiter en oiseau.

Alors habitons en oiseau, reclus dans notre nid prenons le temps de nous poser les bonnes questions pour à leur manière, partager ressources et espaces.
Si j’étais un oiseau je ne voudrais ni mangeoires ni nichoirs, juste la nature qui normalement nous offre tout !

*Habiter en oiseau, Vinciane Despret, Actes Sud

René Pseudo

 

C’est qui le pigeon ?

Mardi matin, 8h30. J’allume mon ordinateur, j’ouvre la fenêtre qui donne sur le cendrier du rebord de la fenêtre d’en face. 3,5m nous séparent (j’ai pris le temps d’aller mesurer suite à l’échange que vous allez lire). Un pigeon, avec qui j’ai maintes fois dialogué dans la rue est posé là, cigarette au bec.

  • Le pigeon dans un nuage de fumée : Alors ?
  • Moi : Alors quoi ?
  • Le pigeon : Ça fait quoi d’être enfermé ?
  • Moi : ?
  • Le pigeon : Ça fait quoi d’être enfermés, entassés, coincés, confinés quoi ?
  • Moi : … c’est désagréable, triste, long ; ça génère une espèce de tension. Et puis la vue depuis la fenêtre est limitée. Une maison en vis-à-vis avec la voisine (ou un pigeon) qui fume sa clope toutes les heures c’est pas très exaltant. On a beau être dans un village, avec un jardin, une terrasse, ça ne serait pas le même confinement.
  • Le pigeon : Tu m’étonnes !
  • Moi : Pourquoi tu me demandes ça ?
  • Le pigeon : Ça ne te rappelle rien ?
  • Moi : Non, à quoi tu penses ?
  • Le pigeon tire longuement et avec une apparente délectation sur la fin de sa clope : Entassés, serrés, coincés, en batterie, … comme des oies, des poulets !
  • Moi : D’accord, je vois.
  • Le pigeon écrase son mégot : Ne t’inquiète pas, personne ne va pas venir vous gaver ! Vous avez en plus des fenêtres, une heure de déplacement par jour, le luxe, pas comme dans les élevages intensifs.
  • Moi : Ce n’est quand même pas vous qui avez créé ce virus, ce n’est pas une vengeance ?
  • Le pigeon qui manque de s’étouffer de rire, du tabac, je ne sais pas : Non, non, vous vous êtes mis tous seuls dans cette situation, c’est ça le plus drôle. Mais rassure-toi, nous n’allons pas vous couper le bec comme ça se pratique dans les élevages, ni vous vacciner (vous allez peut-être y passer quand même), ni vous doper aux hormones, chose que vous savez depuis longtemps faire tout seul aussi !
  • Moi : Mais vous allez faire quoi alors ?

Le pigeon allume la dernière cigarette de son paquet qu’il laisse tomber au sol : Rien. Enfin si, vivre ! Je te raconterai comment ça se passe dehors, je sais où te trouver. A moins que tu te décides à sortir ? En tout cas vous, les humains, si vous étiez des oiseaux, à coup sûr, vous seriez des moutons !

Marcel Pseudo

Le mot du Merle

Willer sur Thur, là où créchait son domicile, pouvait s’enorgueillir d’être un trait d’union entre la
nature et la ville. D’ailleurs l’action se déroulait aux confins de la forêt gracile. En début avril, alors
que le confinement battait son plein, elle avait la chance de pouvoir s’aérer et goûter aux plaisirs
luxurieux d’un jardin radieux et étendu. Le soleil était à son zénith, il fallut se replier dans l’ombre
des feuillus. Quelle meilleure place que le hamac pour apprécier les histoires attendues. C’était
décidé, elle irait se réfugier entre le vieux conifère et l’ancien poulailler abandonné aux herbes
folles et ardues.
En pleine lecture, balancée légèrement par la douceur de l’air, dans une excquise torpeur, non loin
de l’assoupissement, elle écoutait les vocalises printanières des oiseaux, un joli mélange de
tonalités. Ça jacassait ferme. Comme si l’air de l’enfermement avait libéré l’expressivité de notre
environnement. C’est alors qu’elle cru surprendre une conversation troublante. Le merle moqueur,
avec dérision et gaîté, s’égosilla : « De rouge est ta gorge mais ton trille s’arrête avant d’avoir
commencé ». Le rouge-gorges bombant sa poitrine ne prit même pas le temps de répondre au
malandrin. Il pensait qu’une démonstration de force ferait taire l’importun. C’était mal connaître le
merle qui aimait à discourir et parlementer : « Cesse de bomber le torse, il est assez des hommes
pour croire que la force est signe d’intelligence, prends plutôt modèle sur moi, avec diligence, et
entonne la célébration de cette nouvelle ère où nous malheureux volatiles nous pouvons à nouveau
pousser la sérénade sans être dérangés par le bruissement de la civilisation mercantile ! ». Ah que
c’est beau, se dit-elle, si seulement j’étais un oiseau, j’étreindrais le ciel de mes ritournelles comme
le Merle.

Flora Pourcelot

Écouter la lecture de ce texte par Matéo Janin : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes7/

Soyons clairs dès le début : les oiseaux, je ne vous aime pas. Regard perçant, bec pointu, texture des plumes que je déteste. Toi, le corbeau qui traîne du côté des poubelles du parking quand je veux prendre mon caddie ; toi, le pigeon qui faits du rase motte sur ma tête place de la cathédrale, toi la mouette qui reluque mon sandwich l’été sur la plage : je ne vous aime pas. Vous ne me faites peur.

Et pourtant, le matin vers 6h, je guette les chants de ces petits oiseaux qui ont choisi de vivre dans mon quartier, de profiter des jardins citadins pour passer leur journée. Tiens !  Les moineaux ne sont plus là. Depuis deux ans ils avaient choisi notre toit pour faire leur nid, sautiller sans la gouttière mais ils sont partis et je me sens abandonnée. Pourquoi êtes-vous partis ? Des nouveaux dont on ne connait pas toujours le nom, ont fait leur apparition : bonjour la mésange, salut le rouge queue, rebonjour le merle que nous n’avions pas vu depuis bien longtemps ! Profitez de notre jardin, 100 % bio pour vous nourrir, vous amuser. La corneille perchée sur l’antenne télé de la voisine m’observe, les tourterelles sur le fil du téléphone m’interpellent, la pie surveille le chat du voisin et jette un œil vers moi. Je ne vous chasserai pas, je vous tolère aussi et vous faites partie de mon quotidien même si, vous l’aurez compris, je préfère les petits z’oiseaux (qui me font moins peur).

Si j’étais un oiseau, je prendrais les gens du quartier de haut… mais pour qui se prennent-ils pour donner un avis sur nous !

 

KIENLEN Marie-France

Écouter la lecture de ce texte :

https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes33

 

Sous le saule pleureur, dame tourterelle picore, picore et picore encore. Puis elle prend son envol vers le balcon d’en face et s’y installe posément. Roméo ne tarde pas à la rejoindre. Il lisse consciencieusement son beau costume emplumé, regarde sa Juliette et se met à la bécoter. Quand ils prennent ensemble leur envol, c’est pour roucouler dans leur nid douillet, au troisième étage du houpier de l’arbre voisin. J’ai détourné les yeux. Je crois que les tourtereaux avaient inscrit sur leur branche d’entrée : « Ne pas déranger »…

Si j’étais un oiseau, je leur sifflerais une sérénade.

Mireille Masson

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes34/

 

Evasion sur mon balcon

"Paisiblement installée à Didenheim, sur mon balcon
Avec le chant des oiseaux, fidèles compagnons
Les yeux rivés sur l'horizon
Peu importe la destination
Totale divagation, pleine relaxation
Au petit bonheur la chance
Et soudain, cette présence
La cigogne, quelle élégance
Dans le jardin, en silence
Observe avec vigilance
Puis s'élance et plane avec aisance
Quel ravissement !
Saisir l'instant présent
Ici et Maintenant
Tel une méditation
Qui balaie toutes les préoccupations
Juste de la contemplation.
Si j'étais un oiseau, je serai ton ange protecteur
Qui, chaque matin, viendrai avec bonne humeur
Te chuchoter les secrets du Bonheur."

Fabienne Lafrogne


Texte lu par Emmanuelle Filippi Hahn, conteuse

www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes3

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Tour de chant des oiseaux du monde

  • Confiné en appartement, comment peut-on vivre aujourd’hui, sans la fureur et sans le bruit ?
  • Fais comme l’oiseau !

Si j’étais rossignol je chanterais trois couplets en espagnol, tout le reste en anglais.

Si j’étais l’oiseau bleu, j’irais dans le soleil cueillir un morceau de ciel pour l’homme et l’enfant.

Si j’étais le grand oiseau, je prendrais le temps de vivre ma vie avec Emilie Jolie.

Si j’étais une pie, je ne serais pas voleuse et bavarderais toute la journée dans le poirier.

Si j’étais chouette, chaque nuit je jouerais à coucou hibou.

Si j’étais pigeon, c’est idiot, je fuirais tes coups d’pied pour de faux.

Si j’étais aigle noir, avec toi, sans trembler je cueillerais des étoiles sans quitter le pays.

Si j’étais petit oiseau de toutes les couleurs, au bout de la mer je m’envolerais.

Si j’étais merle moqueur, au temps des cerises, je sifflerais pour toi.

Si j’étais cigogne, chaque année, je serais de retour sur les clochers des alentours.

Si j’étais alouette, je viendrais chez toi, il y aurait des noisettes et du pain pour moi.

Si j’étais hirondelle, je chanterais avec Bourvil qu’il ne faut pas tuer les hirondelles.

Si j’étais une mouette, tu te laisserais conduire par l ‘éclat de mon rire.

Et pour ne pas être seule,

Si j’étais un oiseau rigolo, mon nid serait confiné dans la tête de Tata Yoyo

Pour enchanter le monde entier !

 

Mireille Masson

Clin d’oeil à Michel Fugain Hugues Aufray, Eddie Constantine, Comptines populaires, Renaud, Barbara, Gilbert Bécaud, Yves Montand, Lina Margy, Gilles Dreux, Bourvil, Isabelle Aubret, Annie Cordy

 

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes8/

 

"La vie va continuer. Les oiseaux ont parlé.

De mon appartement à Illzach, je les entends piailler.

Où serait-ce moi qui entend des choses? Je me sens morose.

Ho, je crois qu’ils chantent. Des rouge-gorge tout rose.

Je suis sur une drôle de pente.

Peut-être se disputent-ils? 

Pour des brindilles non stériles.

Mais eux, peuvent se séparer. Se balader chacun de leur côté.

Ils ne vivent pas dans 60 m².

J’entends de l’eau. Ça vient du bas, ou bien du haut?

Nous avons un dégât des eaux. Le navire coule à flot.

J’aimerai des ailes. Ou un radeau.

Je me les gèle.

Je me couche. Je me lève. Qui va prendre la relève?

Il est tôt. Il est tard. Serait-ce un têtard?

Le vague à l’âme, je m’évade. J'aurai bien besoin d'une accolade.

On me parle. On me dit des mots.

Ha non, c’est un oiseau.

Je crois qu’ils se moquent un peu de nos soubresauts.

Ha! Si j’étais un oiseau je m’envolerai bien haut."

 

Annabelle Lafrogne

 => écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes1

rouge gorge

Le jardin

La porte est scellée, une chaîne et un cadenas. Les planches de bois sont droites et fières. Des clous, de la rouille, c’est la porte d’entrée, la voie du jardin. Ici, les mains se creusent comme le sillon sur la terre. Je porte le béton et l’ardoise. Je tamise la terre. C’est la racine des racines. C’est l’aube et le coucher du soleil. Et dans une cabane de tôle et de bois, je trouve le repos et la paix.

Un morceau de pain et pas grand-chose. Je n’ai faim que de mes rêves.  L’eau de pluie se noie dans un grand bac bleu turquoise. L’arrosoir tisse la terre grise de lignes fertiles. Le père à bout de bras,  soulève la patience. Retourner la terre pour retourner vivre. C’est le jardin ouvrier. C 'est la nature qui fait son labeur. Elle est l’enchantement discret. Elle te fait beau et  seule, te reconnait.

Une fleur élégante marche. Elle est reconnaissante. Le père solitaire se courbe comme le roseau. Il pleure parfois la rosée. Sans boire, ni manger, pour nous donner à manger. Les conserves pour l’hiver. Le pommier de terre et la foret de haricots. C’est le fruit défendu. C’est le jardin du dimanche ou de tous les jours. Au bout d’un chemin de pierre, à l’abri dans le jardin vert, l’amour nous attrape en tiges fines. Si brave et si courageux.

La vie devient soudain plus douce, quand la famille y fleurit. Tout près du fleuve tranquille ou du chemin de fer, je t’accompagne et je ne sais pas où je vais. Une carriole dévale la pente. Elle nous porte avec nos rires. Elle reviendra pleine à croquer car c’est jour de moisson. Le mois d’août est d’arc en ciel et de pluie. J’ai encore grandi cet été. Je n’ai pas vu le jardin s’éloigner. Il est loin le jardin d’antan. Les saisons passent et le jardin d’hiver attend déjà son chef d’œuvre.

 

Kamel Ameur


Lecture du texte par Stéphane Oerthel

www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes4

jardin ouvrier

 

 

La Meuse et le jardin

J’ai pris les chemins de forêt. J’y ai trouvé les sources. L’eau était libre. L’eau était douce. Elle rendait l’herbe folle et la pierre polie. La rosée du temps glissait sur ma peau, comme une perle sur la dune. Je buvais les chemins comme le jardin boit le ruisseau.

J’ai grimpé aux arbres. Des arbres dont je ne connaissais pas le nom. Je mêlais mes empreintes à l’écorce. Les bras et les branches allongeaient l’horizon. Je jouais dans les bois. Je construisais l’enfance. Je m’écorchais, je m’étonnais, je vivais. J’étais l’arbre dans la forêt.

 Les feuilles tombaient lentement par vague. Elles voguaient dans l’air à la fin de l’été. Elles ondulaient comme le fleuve tout proche. Elles étaient le paravent élégant au soleil. Les feuilles se courbaient avec grâce. Elles s’allongeaient sur le sol et regardaient le ciel.

 J’aimais les effleurer. Un doux filament tissaient leur silhouette. On aurait les pétales d’une fleur inconnue. Elles avaient le parfum des saisons. Elles seront bientôt le crépitement de l’automne et la nostalgie de l’enchantement. Elles s’envoleraient pour toujours.

 A l’aube, le fleuve soufflait lentement la vapeur de la nuit. Le soleil éveillait peu à peu les jardins. A la surface scintillaient des points lumineux qui s’envolaient sous nos cailloux chantants. J’avais l’impatience de l’enfance et la sagesse du rêve. Le fleuve creusera encore la vallée. la montagne dans ses bras.

La Meuse a un trésor, il se cache près de la forêt, il se cache près des jardins.

Un jour,  nous irons  voir la mer.

 

Kamel Ameur

Écouter la lecture de ce texte : https://www.mixcloud.com/radio-mne/avosplumes35/