Tout a commencé un matin incertain, alors que le soleil peinait à traverser la forêt et  que la plupart des humains sommeillait encore. 

Derrière la maison poussait un arbre envahi par le lierre, les enfants l'appelait l'arbre à oiseaux. 

On voyait ses feuilles frémir, pépier et vibrer aux sons du chants de tous les oiseaux qui avaient élu domicile en son sein. Il avait un tronc rugueux envahi par de la belle mousse, des petits buissons poussaient à sa base remplis de petites baies délicieuses.

Un merle, de ceux qui avaient éclos  au printemps, malicieux, un peu maladroit et tellement confiant poussait la chansonnette sur l'une des branches de l'arbre à oiseaux ce matin là, il avait réveillé l'enfant qui s'était levé, laissant la maisonnée endormie.

Le petit garçon avait entendu l'oiseau, il le connaissait. 

Il faut savoir que l'enfant s’entraînait tous les jours à lui répondre depuis qu'il avait appris à siffler. Quiconque se rappelle du moment magique où il a émis son premier sifflement, se souvient sans doute de tous les exercices qui s'en sont suivis et aussi, et surtout, du rôle des oiseaux dans cet apprentissage.

Notre petit garçon conversait ainsi avec le petit merle, la légèreté de la conversation était au diapason avec la mélodie. Les propos n'était pas sérieux, et pourtant ce qu'ils se disaient était de la plus haute importance. 

Les oiseaux qui volent tout là haut ont un point de vue qui intéresse tout humain, en particulier les enfants.

Leur conversation cessa à l'appel strident du petit déjeuner. L'enfant quitta à regret le petit merle.

"Si j'étais un oiseau, se dit le petit garçon, j'habiterais avec mon ami dans l'arbre à oiseaux".

Véronique JORAI

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