Quand les oiseaux s’en mêlent


Sur un signe de mes anges, j’arrête de bailler aux corneilles et de tousser malgré ma rouge gorge. Je
me lève. J’ouvre alors ma fenêtre, pour les apercevoir. Au tout début pas un son. J’écoute alors la
forêt en face de chez moi, point de canards ne viennent flétrir mes oreilles, en cet espace quelques
rongeurs mais aucun rat passe. J’en suis sur, ce n’est pas leur heure. J’attends un signe de Dame
Nature. N’importe quoi, un frôlement d’ailes pour m’éveiller, pour élever mes pensées. Aux
environs d’elle, elle, la Dame Nature, celle qui ravit la vue, de vallons, de pics verts et jaunes à
foison, je me sens bien. Et p’i, il faut le dire, je me prends presque pour un roitelet sans tourterelle à
défendre. Et bien, mille ans peuvent passer, sans pinson pour le flétrir, son corps beau sera toujours
bien achalandé par la faune et la flore que revêt ses sous-bois. Coucou, je suis là, je ne peux encore
m’aventurer auprès de toi mais je joue à cache cache avec toi, je te vois et t’entends . Pauvre
Martin, pauvre pêcheur toute confinée que je suis, je te poursuis. Ah si j’étais un oiseau, je piquerais
une tête, et dans un véritable plongeon argenté, du toit à toi, j’irais de moi vers toi. Tu piges, on
peuplerait le ciel de mots saugrenus, pas trop grossiers et dans ce verdier d’Europe, j’inventerais les
vannes aux oiseaux .


Flora Pourcelot

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