Lettre à une Tourterelle…

 

Tant que j’allais et venais chaque matin,

Chaque soir,

Vous étiez là, dans votre abri de lierre

Tant que grinçait la grille

D’années en années, vous étiez là

Tant que se chamaillaient les gamins d’à côté

Dans la cour d’un périscolaire

Dans votre havre de paix, vous étiez là.

Tant que ça criait, tant que ça riait,

Tant que ça se disputait dans l’immeuble

Vous étiez là.

Et puis un jour, j’ai sorti deux chaises de paille

Mis un peu d’ordre selon les codes urbains

Mis un peu de gaieté superficielle dans ce minuscule jardin.

Un jour j’ai commencé à regarder l’ancolie peu à peu s’élever

Un jour je vous ai  enfin vue, guettée, observée.

Trop contente je suis descendue chaque jour pour vous saluer.

Trop de présence

Trop de constance en ce jardin de quartier

Vous êtes partie.

Si j’étais un oiseau, je ne serai pas une tourterelle.

Plutôt un canard…

Le canard à la particularité de s’accommoder de l’eau – il nage –

De la terre – il marche –

De l’air – il vole –

Et si je voulais faire un jeu d’esprit un peu déplacé

Je dirai que confit, le canard n’en devient que meilleur….

L’Homme saura- t-il aller vers ce qu’il y a de meilleur en lui

Après une parenthèse confite ?

 

MDGP

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