La poule

La poule est venue un matin, dans un bruissement d’ailes, pas très fin.
Je n’sais pas d’où, ni de chez qui, et n’est plus jamais repartie.

En échange des œufs quotidiens, je la nourris, j’en prends bien soin.
Je n’ sais pas si elle m’a choisi, mais la relation est jolie.

Elle déambule dans mon jardin, les enclos moi j’aime pas trop bien.
Elle piétine mes fleurs mais tant pis, moi ça m’ fait de la compagnie.

Et ne croyez pas qu’elle ne vient, que parce qu’elle a soif ou très faim,
en gloussant je sais qu’elle me dit que je suis un peu sa famille.

Dormir sous mon arbre ? Pas moyen ! Non, car elle n’est jamais très loin…
Elle s’approche, m’observe, fait du bruit, picore mes orteils, mes biscuits.

Alors je la gronde, ou je feins…. Elle détale en courant, revient,
puis elle se fige, croupion levé, comme pour me dire de la porter.

Je mets à profit le câlin, pour lui dire que ce n’est pas bien,
ni de toujours m’embêter, ni de manger mon potager.

Oh, elle s’en fiche vous pensez bien, que pour elle ce n’est rien.
Son monde continue d’explorer. Moi j’continue de l’observer.

Elle prend souvent un air hautain, m’ignore parfois, ignore le chien.
Surtout quand elle a repéré de la salade fraîchement plantée.

Si j’étais un oiseau, je crains, au risque de ne pas paraître malin,
vouloir être ce gallinacé… libre, comme je ne l’ai jamais été.

Linda

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