Petit  matin frisquet d'avril.  Je  suis  seule  au jardin potager  afin de  désherber mais  quel  boucan d'enfer  ! Des  coucous  déchirent  l'air  printanier.  À la   cime d'un  chêne  à demi mort,  je  devine  celui qui doit être  le  fauteur  de troubles . Les coucous   succèdent  aux cou-cou.  Concert  ininterrompu  de vocalises,  de cris  stridents,  cadencés , qui vont crescendo.  Perché  sur  un autre  chêne,  un rival déclenche  à  son  tour  les hostilités.  Tohu-bohu et vacarme  généralisés. Pas  d'armée  pour  empêcher  l'intrus de pénétrer  sur un territoire  jalousement  gardé.  Le  chant est  l'arme  pacifique  pour faire  barrage.

Je n'oublie  pas  pour  autant  que  ces  lascars  sous-traitent  l'éducation

 de leurs  enfants à des  parents adoptifs.  De même,  le coucou  a profondément  marqué  l'imaginaire populaire . Combien de dictons, de maximes  a-t-il inspirés ? Est-ce aussi simple coïncidence  qu'il fut un temps où  beaucoup  de  familles,  à  la  campagne,  possédaient  une horloge cou-cou,  appelée  à  rythmer le temps et les saisons.

Guylaine Lairy

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