Du rififi chez les mésanges

Les cousines Parus au restaurant   : Noiraude, Nonnette et Bleuette

Belle journée d’hiver. La neige avait recouvert le terrain du Moulin Nature.

Dans la grande famille Parus, on avait faim mais plus un seul petit insecte à se mettre dans le bec, mais ma cousine Noiraude avait découvert un restaurant sur terrasse au premier étage ouvert à tous et gratuit !  Bon on aurait préféré un bon steack de chenille mais c’était un snack végétarien avec un bon choix de graines  alors  on en profité quand même ; ça a fait aussitôt le tour des familles des trois cousins Parus : tonton Major, tonton Palus et  mon papa Dubleu.  Il paraît que c’est tous les ans comme ça  de novembre à mars, mais nous les jeunes on ne savait pas puisqu’on est nées cette année. J’avais prévenu ma cousine  Nonnette pour lui donner  l’adresse : « A la mangeoire » place de la roue.

Moi je n’ai peur de rien, j ‘ai foncé pour être la première.  Oh là, là, y avait déjà du monde et ça piaillait fort. C’est toute la clique des Major qui se goinfrait déjà. Ce sont les plus grandes de la famille, toutes en chemise jaune avec une cravate noire pour mes cousins, et un foulard  autour du cou pour mes cousines. Je suis plus petite (… et plus sexy et élégante, mes yeux maquillés, non mais quand même ! ) mais plus bagarreuse aussi, alors j’ai fait dégager ! Bon, avec mes sœurs  on s’est accaparé  le self-service., on a décortiqué sur place les graines de tournesol  mais on en a aussi laissé tomber plein pendant la dispute (ça a profité à tous les voisins qui picorent au sol). J’avais aussi repéré un beau bleu ; il me ressemblait comme deux gouttes de pluie, mais moi j’avais vu que c’était un  très beau gars !

Nonnette est arrivée après nous. Elle n’a pas l’esprit de famille et quand on l’invite elle ne vient jamais, elle n’aime pas la compagnie. En plus elle ne reste même pas à table,  elle picore  et va manger plus loin. Une sauvage je vous dis ; et pour le costume, elle sait même pas s’habiller un peu chic !

Comme vous l’avez constaté, pour les repas de famille chez nous c’est très agité, et ça manque de convivialité.

Et entre cousines  on ne va pas faire les boutiques de plumes ensemble !  

Si j’étais un oiseau j’organiserais un festival de mésanges, une cousinade  colorée pour égayer les jardins et j’apprendrais aux enfants à zinzinuler.    

                                                                                  

Laurette Meschenmoser

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