En ce joli mois d’avril 2020, dans notre belle Alsace… Sur le piémont des Vosges, le vignoble bien exposé entoure un village paisible.

« Tellement paisible que cela en est inquiétant ! » dit le merle noir à sa voisine mésange. « Les humains ne font plus rien. J’entends désormais mon cousin chanter, lui qui a son territoire un peu plus loin ! »

« Moi, ça m’arrange » répondit-elle. « J’apprécie de nicher sous les tuiles du chalet, et avoir un peu de tranquillité sera bénéfique pour toute ma nichée. »

Le moineau renchérit : « J’ai construit mon nid dans la haie, entre le lilas et la spirée. Je trouve aussi étrange que les humains semblent occupés à jardiner toute la journée… Plus de fumées d’échappement, ni de motos qui font un bruit d’enfer en montant la vallée… Je les ai entendus prononcer un nouveau mot : confinés. »

« Je ne sais pas ce que cela veut dire… », dit le merle.

Tous trois se regardaient perplexes, devant cette situation inédite.

Près du tiers de l’humanité confinée sur la planète, se cache et se fait oublier… Dame Nature reprend ses droits, si longtemps bafoués.

Si j’étais un homme, je me rappellerai de ce que la Nature a de merveilleux à observer, et je prendrai enfin le temps de l’admirer.

Si j’étais un oiseau, je profiterai du beau temps, du soleil, et de ce printemps exceptionnel !

Delphine CLAUDEL

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