Mars 2020

Wittenheim, ville du Nord-Est de notre pauvre France
Les rues sont vides, les magasins fermés,
Les gens ne peuvent plus sortir.
Mais le printemps n’en sait rien…
Et les fleurs commencent à fleurir, le soleil brille,
Les oiseaux chantent, les hirondelles vont bientôt arriver,
Le ciel est bleu, le matin se lève plus tôt.
Mars 2020. 

Les jeunes doivent étudier en ligne,
Et trouver des occupations à la maison,
Les gens ne peuvent plus faire de shopping,
Ni aller chez le coiffeur.
Bientôt il n’y aura plus de place dans les hôpitaux,
Et les gens continuent de tomber malades.
Mais le printemps n’en sait rien…
Le temps d’aller au jardin arrive, l’herbe verdit.
Mars 2020.

Le bruit des voitures s’atténue,
Le chant des oiseaux est de plus en plus fort
Et les gens sont mis en confinement.
Pour protéger les grands-parents, familles et enfants,
Plus de réunion ni repas, de fête de famille.
La peur devient réelle et les jours se ressemblent.
Mais le printemps n’en sait rien…
Les pommiers, cerisiers et autres fleurissent, les feuilles poussent.
Mars 2020.

Les oiseaux sont heureux dans cette nature retrouvée
Où l’homme a disparu.
Les gens commencent à lire, jouer en famille,
Pratiquer une expression, chanter sur le balcon
En invitant les voisins à faire de même,
Ils apprennent une nouvelle langue,
A être solidaires et se concentrent sur d’autres valeurs.
Mars 2020.

De leurs fenêtres, les gens observent longuement les oiseaux
Ils réalisent l’importance de la santé
De la souffrance, de ce monde qui s’est arrêté,
De l’économie qui a dégringolé
Mais le printemps n’en sait rien…
Les fleurs laissent leurs places aux fruits,

Les oiseaux font leur nid, les hirondelles arrivent.

Puis le jour de la libération arrive,
Les gens l’apprennent à la télé, le virus a perdu,
Les gens descendent dans la rue,
Chantent, pleurent, embrassent leurs voisins,
Sans masques ni gants
Et c’est là que l’été est arrivé…

Parce que le printemps n’en savait rien,
Qu’il a continué à être là, malgré tout, 
Malgré le virus, la peur et la mort.

Et parce que le printemps n’en savait rien,

IL A APPRIS AUX GENS LE POUVOIR DE LA VIE…                               

Si j’étais un oiseau je serais une colombe.

CIOLEK - - FIMBEL Tracy, 15 ans.

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