Soyons clairs dès le début : les oiseaux, je ne vous aime pas. Regard perçant, bec pointu, texture des plumes que je déteste. Toi, le corbeau qui traîne du côté des poubelles du parking quand je veux prendre mon caddie ; toi, le pigeon qui faits du rase motte sur ma tête place de la cathédrale, toi la mouette qui reluque mon sandwich l’été sur la plage : je ne vous aime pas. Vous ne me faites peur.

Et pourtant, le matin vers 6h, je guette les chants de ces petits oiseaux qui ont choisi de vivre dans mon quartier, de profiter des jardins citadins pour passer leur journée. Tiens !  Les moineaux ne sont plus là. Depuis deux ans ils avaient choisi notre toit pour faire leur nid, sautiller sans la gouttière mais ils sont partis et je me sens abandonnée. Pourquoi êtes-vous partis ? Des nouveaux dont on ne connait pas toujours le nom, ont fait leur apparition : bonjour la mésange, salut le rouge queue, rebonjour le merle que nous n’avions pas vu depuis bien longtemps ! Profitez de notre jardin, 100 % bio pour vous nourrir, vous amuser. La corneille perchée sur l’antenne télé de la voisine m’observe, les tourterelles sur le fil du téléphone m’interpellent, la pie surveille le chat du voisin et jette un œil vers moi. Je ne vous chasserai pas, je vous tolère aussi et vous faites partie de mon quotidien même si, vous l’aurez compris, je préfère les petits z’oiseaux (qui me font moins peur).

Si j’étais un oiseau, je prendrais les gens du quartier de haut… mais pour qui se prennent-ils pour donner un avis sur nous !

 

KIENLEN Marie-France

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