Ni dieu ni maître Corbeau

Maître Corbeau, belle mèche, sur le rebord de ma fenêtre perché,

Dans mon impasse ombragée
Tenait en son bec un fromage.
Moi, simple hominidé, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes et autres virus de ces bois.

Enfin de la rue.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, chante « Nous sommes en guerre ! », et laisse tomber sa proie.
Maître de pas grand-chose je voudrais bien m’en saisir et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.

Mais comme je suis coincé derrière ma fenêtre, et que je suis déjà sorti une heure aujourd’hui

(merci bon prince !)

Vous pouvez tranquillement le ramasser !
Le Corbeau continuera donc de se moquer de moi,

Lui qui nous appâte de ses bouts de fromage depuis bien plus de 350 ans.
Le Corbeau, arrogant et fier

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus,

Qu’il écouterait les voix des fenêtres …

Il apprend vite,

A son tour de nous flatter.

Ah, si j’étais un oiseau je n’aurais pas à faire semblant de voter tous les 5 ans.

Saïd Pseudo

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