REVUE DE PRESSE : Article paru dans le hors série N°20 du magazine NOVO le 26 novembre 2019 • Par Coralie Donas • Illustration : Sylvie Kromer

L’espace d’éducation à la nature et à l’environnement le Moulin à Lutterbach va aménager un terrain pour permettre aux petits de renouer avec la terre.

Illustration Sylvie Kromer
Illustration Sylvie Kromer

Construire des cabanes, marcher pieds nus dans l’herbe, se réchauffer près d’un feu… Autant de sources d’épanouissement qu’offre la nature, mais auxquelles les enfants n’ont plus si facilement accès. Règles strictes de sécurité et d’encadrement lorsqu’ils évoluent dans des structures collectives, peur de se salir transmise par les parents… Au fil des années, les enfants se sont peu à peu éloignés de la nature, et donc d’un socle essentiel à leur développement. Forte de 20 ans d’expérience, l’équipe de l’espace d’éducation à la nature le Moulin Nature à Lutterbach, a initié un nouveau projet en direction des tout petits (jusqu’à six ans) : développer un espace sensoriel et pédagogique qui leur est entièrement consacré. Soit 740 mètres carrés, aménagés dans les quatre hectares attenant au bâtiment, pour se reconnecter à la terre. Zone de boue, jeux d’eau le long de la rivière, cabanes, plantations… « Nous sommes partis du besoin du petit enfant pour concevoir un lieu qui y réponde », explique Véronique Mateus, directrice du Moulin.

 

Peur des petites bêtes

L’établissement fait partie des dix centres alsaciens labellisés Centre d’initiation à la nature et à l’environnement, CINE. Le Moulin Lutterbach partage avec le CINE de Strasbourg la particularité de se situer en zone périurbaine et d’accueillir régulièrement des enfants coupés de la nature. « Il nous arrive de recevoir des enfants qui ont toujours marché sur des surfaces goudronnées et ne sont pas à l’aise pour marcher sur des chemins irréguliers, caillouteux, avec des racines », illustre Frédéric Schenk, animateur qui travaille sur le projet. « Cela a une vraie incidence, de nombreuses études documentent les effets du manque de nature. Il en résulte des problèmes de sédentarité, de motricité, la peur d’aller au contact de la nature, de se salir, l’appréhension des petites bêtes », détaille Véronique Mateus. La coupure peut se renforcer par une tendance des parents à l’hyper-protectionnisme. D’où ce souhait de retour à la terre dès le plus jeune âge avec ce nouvel espace qui verra le jour en 2020. « Notre but est de remettre les petits au contact de la nature et également de sensibiliser les professionnels de la petite enfance, pour qu’ils puissent eux-mêmes organiser des activités et toucher le plus d’enfants possible », reprend Véronique Mateus, qui rêverait que la nature prenne la place du goudron dans les cours d’école.

Protéger ce qu’on aime

Pour concevoir l’espace, l’équipe s’est beaucoup documentée et a consulté des professionnels comme des éducateurs de jeunes enfants, des psychomotriciens ou des chercheurs qui étudient le sujet. « Nous nous sommes mis d’accord sur des propositions simples, nous ne voulions pas que l’espace ressemble à une aire de jeux ou un parc d’attractions », indique Frédéric Schenk. Il y a donc des équipements pour favoriser la motricité comme une toile d’araignée (système de cordes tendues) ou une piste finlandaise (parsemée de copeaux de bois), des plantations, des bacs à galets ou à pommes de pin pour aiguiser les sens, une scène et des gradins pour l’expression de la créativité, un coin feu pour le goûter… Véronique Mateus y voit un enjeu important sur le long terme : « Les enfants qui aiment la nature auront envie de la protéger ».

Et la Mécanique ?

« Le financement de la Mécanique a été déclencheur, nous avons organisé une grande réunion avec des professionnels de la petite enfance pour leur présenter le projet et se concerter avec eux ».

Projet soutenu en 2018. Montant accordé : 9 000 euros.